Chat du 13/05/2019 avec Gérard Apfeldorfer

14/05/2019 (18:05) Muguette Bonsoir, j'ai commencé le 2 mais, j'en suis à reconnaitre les différentes faims, Dimanche, j'ai pris mon petit déjeuner avec une petite faim, j'ai eu de nouveau faim, vers 18 h, je l'ai laissé grandir pour prendre un repas vers 20 h. Ce qui me questionne, c'est pour la suite, est-ce que les 3 repas habituels, sont adaptés à ma faim ? Bonsoir Muguette, Je comprends votre inquiétude. Est-ce que, si vous suivez vos sensations alimentaires, cela va vous obliger à manger à des heures indues, à contretemps des autres? Cela ne serait pas très pratique et vous priverait du plaisir de la convivialité. Il n'en est rien, fort heureusement. Les exercices sur la faim ne sont pas une façon pérenne de manger. Ils sont là pour vous faire prendre conscience de la faim, vous aider à bien la reconnaître. En fait, la rythmicité des prises alimentaires dépend du rassasiement. Nous avons deux signaux différents de rassasiement. Le rassasiement gustatif, qui consiste en une diminution, puis une cessation du plaisir en bouche à manger un aliment déterminé (voir un dégoût, si on persiste) nous signale que nous avons mangé suffisamment de cet aliment. Nous pouvons avoir encore envie de manger, mais autre chose. C'est ce qui se passe dans un repas: nous pouvons ne plus avoir envie de l'entrée (et en laisser, éventuellement), mais nous réjouir de pouvoir passer au plat de résistance, puis ensuite au dessert. Puis vient un moment où nous n'avons plus envie de rien: c'est ce qu'on appelle le rassasiement global, qui est une sensation globale ressentie dans le corps. Nous sommes alors à satiété, la nourriture ne nous intéresse plus (je parle là sans tenir compte d'éventuelles envies de manger émotionnelles). Ce rassasiement global est de nature apprise, conditionnée. Il dépend de la rythmicité de nos prises alimentaires. Si on ne fait habituellement que 2 prises alimentaires quotidiennes, disons 7 heures et 17 heures, on ne ressentira pas le rassasiement global pour la même quantité de nourriture que si on fait 4 prises alimentaires par jour, 7h, 12h, 17h, 20h. En fait, le rassasiement global permet qu'on aille confortablement jusqu'au prochain repas, que la faim réapparaisse au bon moment. Cela signifie aussi que si on n'a pas de prises alimentaires suffisamment régulières, on ne peut pas ressentir le rassasiement global, qui se fait anarchique. C'est souvent ce qui se passe chez les personnes qui ont un comportement alimentaire déréglé. Comme le rassasiement global est de nature apprise sur un mode inconscient, sans vous forcer en rien, en suivant vos sensations de faim et de rassasiement, le rassasiement global va se remettre peu à peu en place, si vous mangez attentivement, et à des heures à peu près régulières. Donc faites les exercices sur la faim pour savoir la reconnaître. Mangez quand la faim vient. Lorsque vous avez faim et que ce n'est pas l'heure prévue, faites une collation vous permettant de patienter jusqu'au repas prévu. De cette façon, vous allez vous reconstruire des habitudes.
14/05/2019 (18:08) Ajna29 bonjour travaillant les jours de Chat, je pose mes questions à l'avance et je vous remercie de vos réponses ! Bonjour Je ne sais plus ce que j'aime ! Je n?arrive plus a reconnaître mes envies ! J?ai réalisé que j?avais un grand manque d?attention quand je mange ! être attentive a ce que je mange, être attentive donc à moi même ! Voilà je résumerais cela ! être attentive et faire attention à soi ! La nourriture ne serait-elle pas le miroir de moi même ! Connaître ses goûts, ses envies, ses sensations, savoir être à écoute de la nourriture donc de soi ! Il me semble que tous cela va bien au delas de la nourriture ! Mon manque d?attention envers la nourriture, me renvoie à mon manque d?attention à moi même ! ouf.. Ce travail sur la nourriture va vraiment plus loin. Je constate le lien entre mon comportement avec l?extérieur et mon comportement avec la nourriture ! A ce jour je constate ma difficulté a savoir ce que j?aime , ce que j?ai envie de manger ! Comment donc retrouver le goût et les sensations ! être dans une vrai écoute de soi ! Réapprendre à se faire confiance et a connaître réellement nos envies et nos besoins de nourriture quand on les a enfouie depuis des années et que je me suis coupée de moi même ! Bonsoir Ajna, quel plaisir de lire ce que vous écrivez là! Oui, vous avez 100 fois raison. Il s'agit bel et bien de redevenir attentif à soi-même. Attentif à sa faim, son rassasiement, et bien sûr aussi à ses appétits spécifiques. Sur ce dernier point, lorsqu'on y est attentif, on constate que nos appétences se modifient sans cesse. Lundi, on avait terriblement envie de chocolat (et on en a donc mangé une bonne quantité), mais mardi, on en a moins envie. Nous avons d'ailleurs dans le programme un exercice destiné à vous sensibiliser à cette variation des appétences. En écoutant ses appétences, on mange donc une nourriture qui varie, qui s'équilibre d'elle-même, et il n'y a pas mieux pour la santé. Mais cette écoute ne doit pas s'arrêter là, bien sûr: on écoute ses sensations corporelles, on prend conscience de sa fatigue, physique ou mentale, de petites douleurs éventuelles (qui conduisent à faire ce qu'il faut pour qu'elles cessent). Et puis, on se met à l'écoute de ses émotions, de ses pensées, on devient curieux de soi-même, on s'écoute, on se comprend mieux, on se morigène, on se pardonne. On écoute aussi les autres, ses proches, les moins proches, on entre en empathie avec eux. Toutes ces écoutes conduisent généralement à développer de la patience et de la compréhension vis-à-vis de son corps, de son esprit, des autres, du monde. La pratique de la pleine conscience aide à développer cette attitude de spectateur engagé dans tous ces domaines. Bonne route à vous.
14/05/2019 (18:11) Adonon67 Bonjour, je vis en couple (et c?est plutôt récent). Je mange rarement seule, or lorsque je suis avec une personne qui mange, j?ai tendance à manger de façon automatique, rapide et intinterrompue. Je ne parviens plus du tout à me fier à mes sensations : si je décide de m?arrêter de manger, j?ai le sentiment d?être privée de manger alors que l?autre personne mange encore. Je perçois l?aspect puéril de ce comportement, une sorte de rivalité sur la nourriture. Auriez-vous des pistes pour m?aider à modifier ce comportement ? Merci à vous ! Bonsoir Adonon67, Ce que vous dites là n'est pas rare. Cette nécessité de manger vite lorsqu'on mange avec d'autres personnes est fréquente chez celles et ceux qui, surtout durant leur enfance, ont dû "défendre leur bifteck" contre des frères et soeurs prédateurs, ou de petits camarades, et même contre leurs propres parents, qui prenaient la majorité du plat, voire qui piquaient dans votre propre assiette. Si tel est votre cas, alors il faut vous rassurer: si on vous prend de la nourriture, vous pourrez vous resservir. S'il n'y a plus de tel aliment, vous aurez tel autre. Si vous désirez fortement tel aliment qui est en quantité limitée, vous pourrez en racheter un peu plus tard. Le manque, c'est fini! Une autre possibilité est que la personne avec qui vous mangez crée en vous des émotions qui vous perturbent, pour une raison ou une autre. Là encore, vous vous sentez en danger et tentez de vous rassurer en mangeant vite et beaucoup. Si vous êtes dans ce cas, il serait bon de vous poser la question: que se passe-t-il avec cette personne, que réveille-t-elle en moi? Je vous conseille, dans les deux cas, de vous centrer sur la dégustation et donc, de manger attentivement, ce qui implique de manger lentement (il y a des exercices dans le programme pour vous apprendre à déguster) et donc de vous centrer sur vous, vos sensations alimentaires, de reprendre contact avec vous-même. Voilà qui serait un bon début.
14/05/2019 (18:14) A039.ericcha1 Bonjour, je souhaiterais avoir des précisions sur le défi: rassasiement gustatif, je ne sais pas quel aliment calorique choisir, par exemple si j'opte pour un fromage, je pèse 100g et j'en fais mon repas que avec cet aliment? où est ce que je peux ajouter une assiettte de légumes , je crois avoir du mal à comprendre la mise en oeuvre, alors que je perçois bien le l'enjeu , mercipour votre réponse Florence C , un fruit L'exercice sur le rassasiement gustatif est, à mon avis, l'exercice le plus important du programme. Il est donc très important de le faire aussi sérieusement que possible. Il convient de choisir tout d'abord un aliment que vous aimez beaucoup. Par exemple du fromage. Pas du 0%, hein! Celui que vous aimez vraiment. Vous allez faire votre déjeuner de ce fromage, par exemple du camembert, 4 fois de suite. Vous allez déguster du camembert, sans rien d'autre, pour ne pas fausser son goût. Sans pain, sans fioriture. Vous allez en savourer longuement chaque bouchée. La quantité est plafonnée à 100 g, pour éviter que vous fassiez une boulimie incontrôlée de ce fromage. Mais cela ne veut pas dire que vous devez manger les 100 g. Vous allez déguster jusqu'à ce que votre appétit pour le fromage se fane, que le plaisir à manger ne soit plus là. S'il se trouve que vous avez encore faim, attendez 5 à 10 minutes et cette faim devrait passer. Mais peut-être reviendra-t-elle quelques heures plus tard, avant l'heure du repas suivant. Faites alors une collation de ce que vous voudrez. Le premier jour, et peut-être le 2ème, vous mangerez sans doute une bonne portion de camembert. Mais le 3ème et le 4ème jour, aurez-vous toujours tant que ça du plaisir à déguster le même fromage? Vous devriez donc découvrir que le plaisir à manger quelque chose que l'on aime ne se maintient pas si c'est de façon répétitive. Nos appétences nous conduisent plutôt à varier les plaisirs. C'est très vrai pour les aliments à goût très fort (les plus riches en calories, riches en gras et/ou en sucres). C'est beaucoup moins vrai pour les aliments moyennement caloriques (les céréales comme le pain ou le riz ou les pâtes) qu'on peut manger tous les jours sans se lasser. Mais ici, on s'intéresse aux aliments riches, ceux qui posent le plus de problèmes. Vous pourrez, à l'issue de ces 4 jours de camembert, changer de fromage (pourquoi pas du Comté?) ou bien passer à un produit sucré (chocolat par exemple). Je vous conseille de faire le même exercice pour la plupart des aliments qui vous semblent irrésistibles.
14/05/2019 (18:01) G. Apfeldorfer Bonsoir tout le monde! En avant pour les questions! Et les réponses, bien sûr.
14/05/2019 (18:15) G. Apfeldorfer Panne de questions. Qui va venir à mon secours?
14/05/2019 (18:29) clairelew Bonjour, je debute et j'ai du mal a gerer les repas avec les autres. Je vis en Grece ou on mange des mezze, il y a donc tout un tas de bonnes choses sur la table et j'ai envie de tout manger! De plus je me laisse entrainer par les autres qui mangent vite et beaucoup... Est ce que vous pouvez m'aider SVP ? Ah, les mezze... Mais je crois avoir déjà répondu en grande partie à votre question. Il vous faut faire 2 choses: - Déguster chaque bouchée de mezze, la savourer avant de passer à la suivante, et là, vous demander si ce mezze est toujours aussi bon. C'est la restriction cognitive, la peur de rater un mezze ou autre chose à votre disposition, d'en être privée, qui vous fait penser qu'il faut tout manger. Lorsque vous aurez un peu travaillé sur ces aspects grâce à certains exercices du programme, vous n'aurez plus cette peur de la privation, vous saurez qu'un mezze perdu, cela se rattrape le lendemain. Vous saurez ne pas tout manger puisque tout est à disposition, presque tout le temps. Vous saurez que la seule question qui vaille n'est pas, est-ce que je peux avoir encore celui-là, mais est-ce que je vais vraiment apprécier celui-là (ou est-ce que je ne suis plus en état de vraiment l'apprécier, parce que je n'ai plus assez d'appétit). - Vous recentrer sur vous-même afin de ne pas vous laisser influencer par ces gens qui mangent sans attention, mécaniquement, à toute vitesse. Ils engloutissent, ne dégustent pas. Pourquoi suivre de si mauvais exemples?
14/05/2019 (18:33) sophiek Bonjour, le jeûne est il envisageable dans cette re-education alimentaires et émotionnelle? De petits jeûnes, d'une demi journée, peuvent permettre de mieux identifier ses sensations alimentaires, en particulier la faim, mais finalement aussi le rassasiement. On s'aperçoit qu'après ne pas avoir mangé pendant une demi-journée, ou les ¾ d'une journée, le plaisir à manger est augmenté. Des jeûnes de longue durée, de plusieurs jours, dans l'espoir de maigrir, ne sont pas une bonne idée. L'appétit, lorsqu'on se remet à manger, est à son comble, et on reprend vite ce qu'on a perdu. Pire encore: on avait perdu du gras et du muscle, on ne reprend que du gras. On s'affaiblit.
14/05/2019 (18:37) A039.brigitteroc Oui je suis d'accord avec ajna29. Ce programme me montre également que mon mode de vie est bien lié à ma façon de m'alimenter. Je fais tout vite, et je mange vite aussi. Je pense que c'est plus un comportement de tous les jours qu'il faut comprendre et regarder en face. L'habitude aussi de se mentir. Oui, brigitteroc. On s'en raconte, des histoires, sur soi-même! Et quand on prend conscience que notre vie forme un tout, là, à mon avis, on a fait un grand pas. Donc, pourquoi cette vitesse? Où croyez-vous aller, aussi vite? Et comment ralentir? Ah, ça, cela veut dire faire les choses en pleine conscience. Se laver les mains en pleine conscience, en s'intéressant aux sensations produites dans les mains, cela prend un tout petit peu plus de temps que les laver sans y prêter attention. Mais la différence, c'est que lorsqu'on agit en pleine conscience, on a conscience de ce que l'on vit, on a conscience que l'on vit.
14/05/2019 (18:46) Wombat92 Bonjour, je suis a l etape de la defusion des pensees et cela me preoccupe je n'arrive pas a les tourner en ridicule avec une chansonnette ou un nom ridicule même si je realise que ces pensees sont irraisonnées cela m'osede encore plus La technique de décision à laquelle vous faites référence est une technique parmi d'autres, pas du tout obligatoire. La défusion, cela consiste à prendre du recul par rapport à ses pensées, cesser d'être en fusion avec elles comme si elles étaient nous. On perçoit alors que telle pensée n'est rien d'autre qu'un fragment de discours intérieur que notre esprit utilise, parfois à bon escient, et parfois à mauvais escient. Certaines pensées automatiques sont éminemment positives parce qu'elles nous conduisent à agir: des pensées comme "ça va aller", "je vais m'en sortir", sont des encouragement à l'action. D'autres pensées sont paralysantes, inhibitrices, démobilisatrices: "je suis nul", "je ne vais pas y arriver", "je ne m'en sortirai jamais"... C'est avec celles-là qu'il convient de prendre du recul. Pour prendre du recul avec une pensée, il faut l'identifier comme pensée, se demander si lorsqu'on y adhère, cela nous conduit à une action souhaitable ou bien non. C'est une seul et unique critère. La question de savoir si elles sont justes ou fausses (suis-je vraiment nul?) n'est pas pertinente.
14/05/2019 (18:48) A036.lailasou Bonjour j ai commencé le programme pour l instant je ne perds paw de poids dois je changer mon regime alimentaire ? lailasou, vous avez commencé à travailler sur votre comportement alimentaire et ce qui vous conduisait à trop manger. Continuez dans ce sens. Peu à peu, votre comportement alimentaire va se modifier et cela devrait avoir des conséquences sur votre poids. La plupart du temps, il faut avoir déjà avancé dans le programme pour que le poids se mette à baisser. Ne cherchez pas à aller plus vite que la musique!
14/05/2019 (18:51) clairelew Merci beaucoup pour votre reponse, je vais suivre vos conseils :) Autre question qui concerne la gestion du syndrome premenstruel. Pendant au moins 1 semaine j'ai l'impression de ne pas ressentir de rassasiement apres mes repas et j'ai tendance a manger en grande quantite... Merci a vous pour vos conseils a nouveau! C'est assez courant chez bien des femmes, ça. le syndrome prémenstruel s'accompagne pour des raisons hormonales d'une augmentation de l'appétit. On mange plus, on prend un peu de poids, et cela est aussi aggravé sur la balance ce par de la rétention d'eau. Puis les règles arrivent, l'appétit diminue, l'eau s'évacue. Mauvais moment à passer. Voyez avec votre gynécologue ou votre médecin traitant s'il ne peut pas faire quelque chose pour vous.
14/05/2019 (18:55) A039.brigitteroc Je crois que j'ai une peur de manque. La peur de manquer. Bien sûr. Elle est induite par la restriction cognitive: on s'interdit ce qu'on désire et donc on en manque. Le désir s'accroit, on craque, on fait une compulsion, on s'interdit encore plus. Pour en sortir: ne plus rien s'interdire (mais pas d'un seul coup, simplement en faisant le programme, hein). A l'arrivée, on mange sur un mode intuitif, ce dont on a envie, mais pas plus qu'on n'en a envie. Et on s'aperçoit que nos envies se limitent d'elles-mêmes. C'est la philosophie du programme LC.
14/05/2019 (18:57) A036.lailasou Merci pour votre reponse comment peut on controler sa,faim j ai l impression d avoir tout le temps faim lailasou, si vous avez faim tout le temps, même après avoir mangé, alors ce n'est pas de la faim. C'est sans doute une envie de manger d'ordre émotionnel. Les exercices sur la faim sont pour une bonne part destinés à vous permettre de faire la différence entre la faim et les EME.
14/05/2019 (18:58) G. Apfeldorfer Nous arrivons au terme de ce tchat. Merci pour vos questions. Et à bientôt pour de nouvelles questions! Bon appétit pour le dîner (si la faim est au rendez-vous, bien sûr).
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