Chat du 21 mai avec Gérard Apfeldorfer

22/05/2018 (18:29) Perseverant pouvez vous analyser mon comportement alimentaire alors que je commence a suivre ce programme et que conscienment ou inconscienment cela conditionne deja ce que je mange en reflechissant à ce que je mets dans la bouche Bonsoir Perseverant, et bienvenue dans le programme. Je ne comprends pas ce que vous me demandez. Pouvez-vous préciser votre question?
22/05/2018 (18:28) G. Apfeldorfer Bonsoir tout le monde! Nous avons une heure devant nous pour une foire aux questions. Vous posez les questions qui vous tracassent, et je tente d'y répondre, dans la mesure de mes moyens. A condition qu'elles concernent les problèmes alimentaires, bien sûr. Je réponds dans l'ordre d'arrivée des questions, et s'il y en a beaucoup, il vous faut alors patienter un peu. Mais je parviens généralement à répondre à tout le monde, sauf peut-être aux questions de dernière minute.
22/05/2018 (18:34) G. Apfeldorfer Merci de poser vos questions. Y a panne sèche de questions, ici.
22/05/2018 (18:40) Rozenn Bonsoir, J'ai commencé le pg aujourd'hui et j'ai donc une question de néophyte ! J'ai réalisé que je craquais surtout à partir de 16 h et le soir en arrivant chez moi après le boulot. Pourquoi à votre avis ? Bonsoir Rozenn, et bienvenue au club. Comme vous verrez, vous n'e^tes pas toute seule dans ce cas, à craquer le soir. Il y a à cela plusieurs raisons possibles: - la privation alimentaire durant la journée, où on tente de "faire régime". Conclusion: on a faim le soir. - L'accumulation de fatigue émotionnelle durant la journée. On "prend sur soi", et ça vous retombe dessus le soir. On éponge ses émotions à coups de nourriture. - La fatigue physique: là aussi on tente de se restaurer, de restaurer son être, en se restaurant. Beau mot que celui-là: la restauration, non? Nous avons donc créé une étape qui s'appelle "fins de journées", et qui vous aidera à sortir de ce système. Mais cette étape est tardive, car elle suppose que bien des progrès ont été accomplis auparavant. Alors, pas d'affolement, avancez pas à pas, en faisant du mieux possible les exercices proposés, sans chercher à aller plus vite que la musique.
22/05/2018 (18:45) printanelle Bonsoir. Je me demandais comment développer la pratique de la pleine conscience. Je me sens plus à l'aise sur des séances guidées de 10 min et plutôt si elles sont sur le registre corporel (respiration; bodyscan; écoute des sons) que sur les pensées où je ne sais plus trop à quoi me raccrocher si je m'observe en train de penser. Auriez vous des conseils ou des pistes de travail ou est ce que finalement la régularité de ce travail sensoriel peut aider indirectement le détachement des pensées ? (sachant que je suis plutôt habituée à repérer mes pensées, mais par contre j'en fais l'objet d'une réflexion et ne les laisse pas juste passer) Bonsoir Printanelle, et bravo pour votre assiduité en ce qui concerne la pratique d'exercices de pleine conscience. Il n'y a pas de truc particulier, mais comme vous le dites, tout est dans la régularité des séances. Le cerveau, peu à peu, prend de nouveaux plis, s'habitue à être attentif aux sensations, aux émotions, aux pensées, et aussi apprend à s'en détacher. Finalement, il s'agit de changer sa vision de ce qu'est une pensée. On les prend bien trop aux sérieux, ses pensées. Là, on apprend à n'en être que spectateur. On ne se dit pas, je pense telle chose, mais telle pensée sur telle chose m'est venue. Une phrase importane: "je ne suis pas mes pensées". Verbe être et verbe suivre.
22/05/2018 (18:52) Rozenn Autre question : le fait de manger compulsivement un élément en réponse à une émotion permet de se protéger, d'une certaine façon. Une fois ce problème réglé, peut-on penser que c'est le comportement général qui peut changer (càd pas qu'alimentaire : plus grande confiance en soi, oser davantage s'affirmer...). Merci Oui, Rozenn, bien des compulsions alimentaires sont des évitements de pensées, de problèmes, qui nous font mal, et qu'on ne veut pas examiner. On se protège. Donc, si grâce par exemple à la pratique de la pleine conscience, on laisse venir les pensées, les problèmes, et qu'on ne les fuit pas, qu'on apprend à les laisser nous traverser, alors cela devrait conduire à des changements comportementaux, un apaisement, une nouvelle assurance. Est-ce que cela suffit à acquérir de la confiance en soi, de l'estime de soi? Sans doute. Mais si cela ne suffit pas, alors il faut aussi travailler sur ces aspects des choses par ailleurs. Je vous conseille en premier lieu de faire une liste des choses que vous voudriez voir changer en ce qui vous concerne. Et peut-être en parler à votre coach.
22/05/2018 (18:55) Rozenn Effectivement la route va être longue. En regardant quelques anciens chats, j'ai vu, si j'ai bien compris, que changer sa façon de faire correspondait à un travail. Cette image me parle car pour tout travail il me semble qu'il y a un but à atteindre, des étapes à franchir avec des phases de réussites et des échecs qui font aussi partie de l'apprentissage. Toutefois, le travail nécessite aussi pas mal d'anticipation et de prévision. N'est-ce pas antinomique ? Tout travail nécessite en effet que l'on sache où on va, à quoi on travaille. Ici, vous le savez, non? Vous travaillez à modifier votre comportement alimentaire, à devenir une mangeuse faisant confiance à ses sensations alimentaires, et aussi, vous travaillez à être moins une mangeuse émotionnelle. La route est donc dessinée, non? Où est l'antinomie?
22/05/2018 (18:59) Albertine J'ai commencé le programme le 28 mars dernier. J'en suis actuellement à la partie du programme consacrée à la dégustation. Je suis le programme avec beaucoup de sérieux car il s'agit pour moi de me réconcilier avec la nourriture dans laquelle je vois davantage, si je devais personnaliser les aliments) Bienvenue dans le programme, Albertine. Suivre le programme avec sérieux, ça, c'est épatant. C'est exactement ce qu'il convient de faire. Une forme de travail, donc. Et vous avez parfaitement compris que l'objectif était de se réconcilier avec tous les aliments qu'on aime, apprendre à les manger avec le plus de plaisir possible. Plus on a de plaisir à chaque bouchée, et moins on a besoin de bouchées. C'est un peu comme si c'était le plaisir apporté qui comptait et qu'on ne s'arrêtait que lorsqu'on avait ingéré assez de plaisir. Si on est une mangeuse émotionnelle, alors, ce qui nous arrête, c'est qu'on se sent suffisamment réconfortée, et là, c'est pareil, plus on mange de bon coeur et attentivement, et moins on a besoin de bouchées pour obtenir le réconfort.
22/05/2018 (19:02) printanelle En général c'est surtout les affects associés aux pensées qui ont tendance à me faire m'y embarquer. Merci pour votre réponse en tout cas, je vais continuer de faire mes séances quotidiennes et d'essayer de nouvelles (sur les pensées, ou d'un format plus long que 10 min) de temps en temps. Je vais me noter la phrase importante quelque part au passage :) Je ne suis pas mes pensées. Bonne route, printanelle. Pensées et émotions sont intimement liées. Les pensées déclenchent des émotions, telles émotions induisent des pensées. Mais bien sûr, ce sont les émotions pénibles qu'on tente d'éviter. Les pensées ne sont pénibles que si elles induisent des émotions (pénibles).
22/05/2018 (19:02) Rozenn Merci beaucoup. je vais le faire car c'est vraiment une découverte pour moi. Ah, super!
22/05/2018 (19:05) Rozenn Je m'engage dans cette aventure avec une envie profonde d'arriver au but que je me suis fixé. Mais j'ai aussi très peur de ne pas y arriver : est-ce normal ? Merci Oui, il est bien normal d'avoir des doutes, des inquiétudes. Et cela fait aussi partie de votre paysage mental, des éléments à contempler au passage. Ceci dit, supposons que vous n'arriviez pas à faire telle chose. Eh bien, que fait-on dans ce cas, habituellement? On observe le problème, l'obstacle, et on voit ce qu'il y a lieu de faire. Il est bien rare qu'on avance en ligne droite.
22/05/2018 (19:05) reborn60 Bonsoir tout le monde, En fait, la destination du programme est connue, après le chemin, c'est une autre affaire qui demande en effet du travail, de l'entraînement, de la persévérance, de l'auto-bienveillance. Ca demande de passer du genre "bonne élève" (qui passe tout à la moulinette de l'intellect !) à élève qui expérimente sans cesse, qui avance, qui recule, s'arrête... Une sacrée aventure ce programme ! Merci rebord, pour ces remarques pertinentes.
22/05/2018 (19:13) Albertine Pardon ma question n'était pas finie et un clic maladroit a causé son départ prématuré. Je disais donc que si je devais personnaliser les aliments j'y verrai davantage des ennemis que des amis. Je m'explique : il font grossir et peuvent causer beaucoup d'ennuis (je précise que dans ma famille proche j'ai un grand malade cardio- vasculaire et une personne diabétique insuline dépendante). j'ai donc toujours fait attention pour des raisons d'esthétique puis de santé. Aujourd'hui je traverse une phase de découragement alors que la liberté que me laissait entrevoir le début du programme était pour moi une source de grand enthousiasme. plutôt que de liberté je devais parler de libération (après plus de 30 ans de régime suivis de reprise de poids). Je n'arrive pas à comprendre pourquoi je ne maigris pas. Je pense avoir beaucoup de mal à déterminer quand j'ai faim ou pas. Je reconnais certains signaux (surtout ceux de la faim, plus que ceux de la satiété ou du rassasiement) mais passe beaucoup de temps à me demander ce que je ressens pour savoir si je peux manger ou pas. ce qui m'attriste c'est d'avoir grossi. Je pratique aussi souvent que je peux des exercices de peine conscience. Toute à la joie d'enfin manger comme Ah, pas de chance, Albertine, vous avez apparemment encore appuyé sur le mauvais bouton. Mais pas grave, je réponds à ce que vous dites là. Lorsqu'on fait des régimes, effectivement, les aliments désirés apparaissent comme des ennemis. Le sucre et le gras, ça fait grossir, n'est-ce pas? Et là, nous vous disons que non, il n'y pas d'aliment qui soit "grossissant" en soi. On peut tout manger. Tout manger si on se laisse guider par ses désirs, par son plaisir, et donc ses sensations alimentaires. Manger n'est un vrai plaisir que si on a faim. Et manger cesse d'être un vrai plaisir si on est rassasié. Manger n'est aussi un plaisir que si on mange ce qu'on désire. Une pomme ne remplace pas un gâteau si c'est du gâteau dont on a envie. Quant au poids, je vous conseille de ne pas vous obnubiler là dessus. Moins il y a de pression, mieux vous progresserez. L'objectif du programme est de vous réapprendre à manger, ce qui vous conduira à perdre le surplus pondéral (par rapport à votre poids d'équilibre) une fois cela acquis. Prenez votre temps!
22/05/2018 (19:16) printanelle C'est le plus dur et le plus important d'expérimenter. C'est d'autant plus difficile que c'est un sujet peu partageable car il est assez blessant de s'exposer comme étant préoccupée par la nourriture et en incapacité de se réguler. Alors que ça aide drôlement de pouvoir partager sur ses expérimentations, ça soutient une dynamique. Préoccupé par la nourriture, vous trouvez que c'est bizarre? Mais ne sommes-nous pas en France, où tout le monde est préoccupé par le bien manger? Pour la plupart des Français, manger des bonnes choses, se faire plaisir à table, sont des aspects fondamentaux de la vie, non? Alors, si vous parlez de vos difficultés par rapport à ce plaisir, que vous ne parvenez pas à prendre comme il se doit (tout ça parce que vous culpabilisez, parce que vous cherchez à contrôler) cela ne devrait pas paraître si bizarre.
22/05/2018 (19:18) reborn60 Pour en revenir aux changements comportementaux que ce programme peut amener, quand on est comme moi une mangeuse émotionnelle, sûr que l'on peut être fragilisé(e) quand on se rend compte que ce n'est pas le réconfort que l'on obtient en mangeant mais l'anesthésie des émotions et qu'il y a plein de peurs cachées derrière tout ça ! C'est là que la respiration en pleine conscience joue un grand rôle. Est-ce qu'on peut être "bloqué" (se bloquer ?) à un stade de ce programme parce qu'avancer c'est toucher d'encore plus près ses freins (ses peurs en ce qui me concerne) ? Je crois que la réponse est un peu dans question !!!! Oui, comme vous dites, reborn. Si vraiment vous bloquez là dessus, peut-être devriez-vos envisager une forme ou une autre de psychothérapie. Qu'en pensez-vous?
22/05/2018 (19:20) Rozenn Lorsqu'on a acquis la "nouvelle façon" d'appréhender l'alimentation, est-ce pour toujours ou bien faut-il rester vigilant pour ne pas retomber dans ses anciens travers ? Rozenn, dans la vie, on a toujours tendance à retomber dans ses anciens travers, pour peu qu'un accident survienne dans notre existence. Les psys appellent ça "régresser". Donc, il faut toujours avoir un oeil sur ses faiblesses. mais une faiblesse connue est une faiblesse gérable, non?
22/05/2018 (19:22) A039.patriciabor1 bonsoir je suis le programme depuis 5 jours. pas de pb c'est presque suspect de trouver aussi facilement le chemin En revanche je ne vois pas ce qui pose pb dans le fait de manger 3 fois par jour sans horaire fixe mais avec cette régularité qui m'a tj préservée du grignotage entre les repas Bonsoir patricia et bienvenue dans le programme. Si je comprends bien, vous mangez 3 fois par jour (c'est banal, ça, non?) mais pas avec des horaires précis. Cela ne cause aucun problème. Mais ai-je bien compris ce que vous vouliez dire?
22/05/2018 (19:23) Albertine Merci pour votre réponse qui m'encourage. J'ai des hauts et des bas. Disons qu'en ce moment je ne me fais pas confiance. Quand je panique, je n'entends plus les messages de mon corps. Je pense que je garde aussi une certaine peur si je ne mange pas ou si je mange ceci ou cela. Je suis d'un tempérament très inquiet et travaille beaucoup la pleine conscience pour surmonter cela. j'attends avec impatiente les exercices pour les perfectionnistes en mon genre... bonne soirée Bonne soirée, Albertine.
22/05/2018 (19:28) A039.patriciabor1 En fait sur les ite il est indiqué qu'il faut lâcher prise sur ce genre de pratique et manger quand on a faim . et si je n'ai afim que trois fois c'est peut être du conditionnement mais je n'en souffre pas Oui, nous conseillons, surtout au début du programme, de manger, dans la mesure du possible, en fonction de sa faim. Mais j'avais cru comprendre que c'était ce que vous faisiez... Combien de fois a-t-on faim par jour? Eh bien, cela dépend. En Asie du Sud-est, où on mange de petits repas tout au long de la journée (souvent 8 à 10) on a faim souvent. Chez nous, où on mange 3 à 4 fois par jour, on a faim moins souvent. L'arrivée de la faim est donc culturellement contrôlée et est l'objet d'un conditionnement, c'est-à-dire d'installations d'habitudes. Le seul inconvénient, mais de taille, tout de même, si on mange à n'(importe quelle heure: on mange seul, on renonce à la convivialité. Quel dommage!
22/05/2018 (19:29) G. Apfeldorfer Eh bien, nous voilà arrivés à la fin de ce tchat. Merci pour vos questions, et à la revoyure. Et bon appétit pour le dîner.
22/05/2018 (19:29) printanelle Merci pour votre présence régulière en chat et vos retours. Bonne soirée à tout le monde !
22/05/2018 (19:29) reborn60 Merci Dr et bonne soirée à tou(te)s.
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