Chat du 21 novembre 2017 avec Gérard Apfeldorfer

21/11/2017 (18:06) AnnedeParis Bonjour, j'ai l'impression que la dégustation ne m'aide pas à avoir moins d'envie de manger emotionnelles, que faire? Bonsoir Anne de Paris. Manger en dégustant, c'est-à-dire manger en étant attentif à ses sensations dans la bouche, ou encore pour le dire autrement, manger en pleine conscience, a pour objectif de se centrer sur le plaisir qu'il y a à manger. Pour avoir du plaisir à manger, il faut certaines conditions: il faut avoir suffisamment faim, il faut que ce qu'on va manger est ce qu'on désire manger, il faut être confortablement installé (pas trop de bruit, pas de parasites divers), il faut être disponible, c'est-à-dire avoir suffisamment de temps devant soi (et donc ne pas avoir à manger vite), il faut NE PAS ETRE LA PROIE D'ÉMOTIONS VIOLENTES qui empêcheraient d'écouter ses sensations. Lorsque ces conditions sont réunies (et il est donc nécessaire de veiller à manger dans de bonnes conditions, comme on veille à dormir dans de bonnes conditions) on peut repérer le rassasiement gustatif, c'est-à-dire la fin du plaisir gustatif, et s'arrêter là. Maintenant, lorsqu'on a une envie de manger émotionnelle, alors on ne mange pas vraiment pour le plaisir gustatif, mais dans le but de calmer ses émotions. Pour y parvenir, mieux vaut manger autant que faire se peut, lentement, en dégustant, mais ce n'est pas toujours facile. On est conduit souvent à manger bien au-delà de son rassasiement. Cela n'a pas d'importance. Car ce qu'on veut, c'est calmer ses émotions. Lorsqu'elles sont calmées, quelle que soit la quantité de nourriture qui aura été nécessaire, le but est atteint et c'est ce qui fait qu'on s'arrête. Ensuite, il ne reste qu'à attendre que la faim revienne pour remanger, ce qui permet à la régulation des apports d'opérer. En conclusion, vous mélangez deux objectifs différents: soit je mange pour calmer ma faim (et me faire plaisir), soit je mange pour calmer mes émotions. Dans le premier cas, je suis surtout attentif à prendre du plaisir à manger, dans le second cas, je suis surtout attentif à l'évolution de mes émotions.
21/11/2017 (18:14) KTE95 Bonjour, je viens de démarrer le programme. Je détecte assez mal mes sensations de satiété. Si je m'arrête trop tôt de manger je crains d'avoir faim très vite ensuite. A quoi reconnaître la satiété ? Bonsoir Kte, Puisque vous démarrez le programme, il est tout à fait normal que vous ne parveniez pas à détecter vos sensations alimentaires, par exemple le rassasiement. De nombreux exercices vont vous y aider. Que vous dire, en attendant? Ce qu'on appelle le rassasiement s'avère être une chose drôlement complexe. Il existe 2 types de rassasiements: - Le rassasiement gustatif (nom scientifique: rassasiement sensoriel spécifique ou RSS) qui est une saturation du goût pour un aliment donné. "Je n'ai plus de goût pour cet aliment, son goût ne me dit plus rien, et je sens que si je continuais à manger, j'irais en direction de l'écoeurement. Mais si je n'ai plus envie de manger de cet aliment, je peux avoir toujours faim et vouloir un autre aliment." Pour percevoir le RSS, il est nécessaire de déguster, c'est-à-dire de prêter une grande attention au goût. Nous privilégions ce type de rassasiement, car il est localisé dans la bouche et immédiatement perceptible, de bouchée en bouchée, si on déguste et si on mange des aliments nourrissants (à haute densité calorique). Et c'est pour ces aliments-là qu'il est important de consommer les bonnes quantités. - Le rassasiement global: c'est la fin de la faim. On n'a plus envie de rien, on arrive à satiété. Ce type de rassasiement est essentiellement dû à un apprentissage. On apprend peu à peu à anticiper le moment du prochain repas et la quantité à manger pour y parvenir confortablement (cela correspond à ce qu'on nomme les appétits prévisionnels). Par exemple, le rassasiement global ne surviendra pas pour la même quantité de nourriture selon qu'on fait 10 prises alimentaires par jour (comme en Asie du Sud-est) ou 3 repas par jour.
21/11/2017 (18:19) KTE95 Si j'ai faim entre deux repas, puis-je manger ? quels aliments ? jusqu'à satiété également ? merci pour vos réponses Notre approche privilégie ce qu'on nomme l'alimentation intuitive. Cela consiste à manger quand on a faim (même si ce n'est pas l'heure), ne pas manger quand on n'a pas faim (même si c'est l'heure), s'arrêter quand on n'a plus faim (même s'il en reste), et manger ce pour quoi on a du désir (si c'est matériellement possible). Mais en fait, les choses sont un peu plus compliquées: les personnes qui ont des horaires réguliers finissent par se conditionner et leur faim apparaît à la bonne heure. Les mêmes personnes savent intuitivement quelle quantité leur permettra d'aller confortablement jusqu'au prochain repas. Pour répondre à votre question: si vous avez faim, mangez ce dont vous avez envie. Si vous mangez à votre faim, il se peut que vous n'ayez plus assez faim ensuite quand arrive l'heure du repas. Ce n'est pas grave, mais cela vous conduit à être décalée des horaires habituels et ne plus pouvoir manger sur un mode convivial, ce qui est bien dommage. Aussi, peut-être pouvez-vous, pour cette collation, vous demander quelle quantité alimentaire vous permettra d'aller confortablement jusqu'au prochain repas. Si vous vous trompez, pas grave. Vos "appétits prévisionnels" vont peu à peu se reconditionner et vous aurez après quelques temps faim aux bons horaires.
21/11/2017 (18:22) fanimi Bonjour, Comment faire pour qu'une EME ne dérape pas en compulsion ? Très bonne question, fanimi. C'est effectivement le point essentiel: Lorsqu'on a une EME, c'est-à-dire une envie de manger pour calmer ses émotions, le mieux est de... manger. Mais si possible, pas n'importe comment. Mieux vaut manger ce qui nous fait le plus envie, ce qui nous semble le plus à même de nous apaiser. Ce sera le plus souvent un produit gras-sucré. Mieux vaut le manger sans culpabilité, en se disant qu'on fait ce qu'on doit faire. Mieux vaut manger aussi calmement que possible, en profitant de l'aliment. Mieux vaut manger la quantité nécessaire, sans rationnement, pour obtenir le calme émotionnel. Ce qui fait que ce ne sera pas une compulsion, c'est le fait qu'on ne culpabilise pas de manger, qu'on le fait en accord avec soi-même, pour son bien. Ce qui fait que ce sera une compulsion, c'est que la culpabilité et la peur de grossir sont de nouvelles émotions qu'il faut aussi calmer, si bien qu'on entre dans un cercle vicieux. Lorsque les émotions sont calmées, on attend alors que la faim revienne pour manger à nouveau, ce qui fait qu'on n'aura pas trop mangé globalement. Sur le site cette procédure est appelée l'EME-zen. Bien entendu, l'EME-zen convient si il n'est pas trop fréquent, s'il ne devient pas une sorte d'état permanent. Il est aussi nécessaire de travailler à augmenter sa tolérance émotionnelle, devenir capable de vivre ses émotions sans les fuir. La pratique de la pleine conscience va dans ce sens et les deux sont complémentaires.
21/11/2017 (18:23) Mirjette J'avais bien commencé et puis j'ai eu moins de disponibilité et j'ai repris mes mauvaises habitudes. je sais maintenant que je mange en trop grande quantité parce que je le ressens physiquement, mais j'ai dumal à m'arreter.A quoi dois-je l'attribuer? et comment m'en sortir Bonsoir Mirjette, Votre faux départ a eu quelque chose de bon: vous avez pris conscience que vous mangiez plus que votre corps ne vous le demande. C'est déjà une avancée importante. Maintenant, reste à voir comment adapter votre comportement alimentaire à vos besoins réels. C'est en devenant capable d'écouter vos sensations alimentaires que vous y parviendrez. Et c'est en faisant le programme, étape après étape, que vous avancerez sur ce chemin. Alors, bonne route à vous!
21/11/2017 (18:32) Danie Bonjour,Quand je rentre certains jouts du travail, j'ai besoin d'un réconfort. je saute alors sur la nourriture. A ces moment là je ne pense pas à faire une respiration de plein conscience. Est-ce que ça s'apprend ? et comment se rappeler que pour diminuer son envi il faut réaliser des respiration des pleine conscience ? Merci pour votre réponse Bonsoir Danie, Vous êtes loin d'être la seule à ressentir le soir une grande fatigue émotionnelle (sans compter souvent la faim) et avoir besoin de se réconforter après une dure journée. A tel point que nous avons élaboré une étape spéciale, appelée "fins de journées". Sans doute n'êtes vous pas encore arrivée jusque là dans votre programme. En attendant, que pouvez-vous faire? Tout d'abord, faire des pauses dans la journée, en pratiquant par exemple un moment durant lequel on reprend conscience de son corps et on répond à ses besoins les plus élémentaires (faim, soif, envie d'aller aux toilettes, besoin de détendre certains muscles et articulations). Ensuite, en arrivant chez vous, commencez par un moment de pause, pour marquer la transition avec la soirée qui commence. Un moment de pleine conscience, ou bien un bain ou une douche, ou une petite promenade, ou quoi que ce soit. Il s'agit de tourner la page sur votre journée, de passer à la soirée. Ensuite, seulement, demandez-vous si manger, là, tout de suite, sans attendre le dîner, est vraiment ce que vous voulez. Si oui, pourquoi pas, mais si vous mangez une collation, vous perdez le dîner. Quelquefois, c'est ce qu'on voudra, et d'autres fois non. On a le choix.
21/11/2017 (18:01) G. Apfeldorfer Bonsoir tout le monde, et bienvenue dans cette foire aux questions. Posez toutes vos questions, même les plus bizarres. Que risquez-vous?
21/11/2017 (18:41) KTE95 Bonsoir Je viens de démarrer le programme. Je ressens beaucoup de stress et parfois d'énervement en situation professionnelle; émtions que je compense en mangeant beaucoup comme pour faire taire mes paroles agressives. Selon vous comment gérer ces émotions "agressives" par l'acceptation ? le sport ?En fait c'est le soir que ces vives émotions ressortent. merci pour vos conseils KTE, vous avez donc des envies de manger émotionnelles. Vous mangez pour éviter d'avoir des comportements agressifs. Sans doute cela marche-t-il (et donc c'est une méthode efficace) mais il y a un hic: à la longue, ça fait grossir. Il va vous falloir devenir plus apte à vivre vos émotions de stress et d'énervement. Pour cela, nous proposons la pratique de la pleine conscience. Cette pratique n'est pas destinée à "supprimer" le stress ou l'énervement, mais à apprendre à vivre ces moments, même s'ils représentent des désagréments. Et la beauté de la chose, c'est que lorsqu'on apprend à vivre ces moments sans chercher à les éviter (manger est une forme d'étirement émotionnel) alors les choses deviennent pas faciles à vivre. L'EME-zen est aussi une solution, mais ponctuelle, et qui ne dispense pas de ce travail d'apaisement émotionnel. Alors, entraînez-vous à vivre les émotions, les pensées qui viennent avec, jour après jour.
21/11/2017 (18:44) uriage que faire avec mon envie de chocolat ou desserts au chocolat, j'en aurai envie tous les deux jours ! Uriage, où est le problème d'avoir envie de chocolat tous les deux jours? je ne vois pas. Moi, personnellement, je mange du chocolat presque quotidiennement. Ca me semble tout à fait normal. C'est vraiment bon, le chocolat. Mais ce n'est pas bon indéfiniment. Si je mange trop de chocolat d'un coup, alors ça finit par m'écoeurer, et sans doute n'aurai-je plus envie de chocolat durant quelques jours. Si bien que je n'abuse pas. Le chocolat fait juste partie de mon alimentation, voilà tout. Donc, c'est votre interdit sur le chocolat qui exacerbe sans doute votre désir. Dès lors qu'il n'y a plus d'interdit, le désir s'apaise et se normalise.
21/11/2017 (18:22) fanimi bonjour, comment faire qu'une EME ne se transforme pas en compulsion ? Alors, famine, on est pressée? On ne peut pas attendre que la réponse arrive? C'est que je ne suis pas une machine, moi.
21/11/2017 (18:49) choucathou bonsoir Dr Apfeldorfer. Ma généraliste le craignait et moi aussi , je suis devenue diabétique. Je l'ai appris il y a 5 jours. Un "petit" diabète dit mon médecin (hémoglobine glyquée à 6.2). Mais voilà, j'ai peur du sucre maintenant moi qui ne jurais que par le sucre. Comment suivre LC quand on doit suivre un régime à glucides à bas index glycémiques? Bonsoir choucathou, Je suis désolé pour vous. La bonne nouvelle c'est que tout n'est pas perdu, et qu'un "petit" diabète de type 2 comme le vôtre peut régresser si vous perdez du poids. Concernant ce que vous pouvez manger ou non, il s'agit bien entendu de voir cela avec votre médecin. mais suivant l'importance de votre diabète, suivant le traitement prescrit, il n'est pas dit que vous ne puissiez pas manger des produits sucrés. Ce qui compte, du point de vue de la vitesse d'absorption des glucides, c'est tout d'abord la quantité consommée, ce qu'on a tendance à oublier: de petites quantités ne posent le plus souvent pas de problème et il ne s'agit donc pas d'éliminer ce qu'on aime. Ensuite, c'est avec quoi on mange les glucides, qui va jouer de façon importante sur la vitesse d'absorption. Il faut éviter de manger du sucre isolément, et plutôt le consommer avec d'autres aliments (végétaux avec fibres, ou lipides, ou protéines) c'est-à-dire, en pratique, insérer sa consommation de glucides dans un repas. Voyez donc cela avec votre médecin. J'espère qu'il n'est pas trop rigide.
21/11/2017 (18:33) fanimi excusez-moi j'avais posé ma question hier, je pensais qu'elle n'avait pas été transmise...mille excuses Pas de souci! Je vous charriais un peu...
21/11/2017 (18:50) Danie je lis les observations et je me dis : quand on a fait , est-ce que 15 mn voire plus de respiration pleine conscience pourrait faire stopper l'envie de manger ? Non danie, la pleine conscience n'est pas destinée à stopper une envie de manger et ne la stoppe pas. Enfin, pas vraiment. Fondamentalement, la pratique de la pleine conscience est destinée à nous permettre de vivre nos émotions et nos pensées pénibles sans les fuir (dans la nourriture). Il s'agit de se familiariser avec nos émotions et pensées, jusqu'à ne plus redouter de les ressentir. Ensuite, ce travail peut nous conduire à pouvoir vivre cette situation où "j'ai envie de manger", sans forcément manger. Après tout, "j'ai envie de manger" est une pensée, qui s'accompagne de ressentis corporels. C'est déplaisant, cela nous démange. Mais on peut sans doute le vivre en attendant que cela nous quitte au bout d'un moment. Ou bien, on peut aussi, si cela nous semble trop pénible, pas vraiment à notre portée à ce moment précis, comme une envie de se gratter qui serait trop forte, décider de manger, sur le mode de l'EME-zen que j'ai décrit précédemment dans d'autres réponses.
21/11/2017 (18:51) XENA7587 bonsoir, puisqu'on peut poser toutes les questions voici la mienne : ne trouvez-vous pas que dans le programme LC il faut tout de même une petite dose de contrôle, notamment lorsque vous dites il faut manger une quantité raisonnable? Une quantité raisonnable? Qui a parlé de quantité raisonnable? Il ne s'agit pas de raisonner, mais de ressentir. De ressentir quelle est la quantité qui convent à mon besoin, physique ou émotionnel. Et de me fier à mes sensations de faim, de rassasiement, ainsi qu'à mes appétits et désirs alimentaires, pour me guider. Parfois, nos besoins ne sont pas raisonnable. Il sont tout petits, ou bien ils sont grands. Si on suit ses sensations alimentaires, cela finit par faire une moyenne. Si vous avez lu qu'il fallait manger une "quantité raisonnable" quelque part dans le programme LC, merci de nous le signaler, afin que nous corrigions.
21/11/2017 (18:52) Danie merci pour votre réponse. je vais y réfléchir car pour l'instant la transition entre le boulot et la maison (je vis seules) est : "UNE RECOMPENSE" Vous êtes dans l'urgence, quand vous rentrez chez vous, danie. C'est cela, le problème. C'est sur cela qu'il vous faut travailler. Sortir de l'urgence. Prendre du recul.
21/11/2017 (18:52) KTE95 Merci ! mes collègues seront contents !! ;) Tout le monde sera content!
21/11/2017 (18:53) KTE95 Vous voulez dire que "la beauté de la chose est que les choses deviennent plus facile à vivre" et non pas facile... n'est-ce pas ? Et la beauté de la chose, c'est que lorsqu'on apprend à vivre ces moments sans chercher à les éviter (manger est une forme d'étirement émotionnel) alors les choses deviennent PLUS faciles à vivre. Oeuf corse.
21/11/2017 (18:53) G. Apfeldorfer Encore une petite question? Là, je suis à court.
21/11/2017 (18:55) Danie merci pour vos réponse très instructives. Bonsoir à tous Bonsoir danie
21/11/2017 (18:57) G. Apfeldorfer Eh bien, nous voilà au bout de cette heure d'changes. J'espère que mes réponses vous auront aidé à avancer dans la bonne direction. A bientôt tout le monde!
21/11/2017 (18:57) KTE95 Merci pour vos réponses et vos conseils. Bonne soirée Bonne soirée et bon appétit.
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