Chat du 22 novembre 2016 avec Gérard Apfeldorfer

22/11/2016 (18:06) Independance day Bonjour Docteur , j'ai du mal à jeter l'autre partie de la nourriture , est-ce que si je garde cette partie pour la prochaine fois , ça marche ? Bonsoir Independance day, On a le sentiment, à vous lire, que vous parlez d'un acte de type magique: si je jette, est-ce que je maigris automatiquement? Revenons à la raison de cet exercice. Se débarrasser d'une trop grande quantité de nourriture peut servir à 2 choses: - Evidemment, ne pas finir tout ce qui est devant soi, juste sous le prétexte que c'est à disposition, alors qu'on n'a déjà plus faim. Nombre d'entre nous mangent trop, au-delà de leur faim, parce que nous sommes environnés de plus de nourriture qu'il ne nous en faut. La richesse est une bonne chose, mais la mesure, la capacité à ne prendre que ce dont on a besoin, est aussi essentielle. Qui dormirait plus qu'il n'est besoin, sous prétexte qu'il a un bon lit? Qui boirait plus d'eau qu'il n'a soif? Et donc, qui mangerait plus de gâteaux ou de saucisson alors que la faim n'est plus là, et que donc le plaisir alimentaire n'est plus possible? Nous sommes limités dans la vie par le fait que nous sommes incarnés, que c'est notre corps qui commande, et que c'est lorsque nous nous mettons au service de notre corps que nous allons bien. - Le seconde raison qui peut nous conduire à jeter le surplus, c'est pour nous entraîner à faire ce geste: nous séparer de quelque chose que nous avons mais qui est superflu. Alors, pour répondre à votre question, si la nourriture que vous gardez, que vous mettez dans votre frigo ou votre placard, ne vous obsède pas, si vous n'avez pas de désir de la manger alors que là, maintenant, vous n'avez pas faim, alors vous pouvez la conserver pour la consommer lorsque la faim et l'envie de manger cet aliment en particulier seront revenus. Mais si vous ne faites que penser à cette nourriture que vous pourriez manger, même quand vous n'avez pas faim, même quand aucune émotion pénible n'est présente, juste parce que cette nourriture est là, à disposition, alors mieux vaut que vous vous entraîniez à laisser le surplus, à vous en séparer, dans un premier temps, en jetant.
22/11/2016 (18:13) Independance day Bonjour Docteur, "la communication empathique" dont vous évoquez dans votre livre "Mangez en paix" p 272 nécessite que l'on soit un bon observateur et avoir des connaissances en communication non verbale afin de deviner l'état émotionnel de l'autre pour avoir des relations durables : est ce bien cela ? Est ce que j'ai bien compris ? Pouvez vous me donner plus de détails svp. Merci pour votre réponse . L'empathie, c'est cette capacité à comprendre ce que l'autre pense, percevoir ce qu'il ressent. L'empathie est différente de la sympathie, qui consiste à ressentir ce que l'autre ressent. Par empathie, nous pouvons ainsi "nous mettre à la place" de l'autre, imaginer ce qu'il se dit face à une situation, ce qu'il ressent face à cette situation, sans le prendre à notre compte. Bien sûr, ce n'est pas de la télépathie. Nous décodons inconsciemment les signaux non verbaux (ainsi que verbaux) de l'autre: le maintien, la mimique, le ton de la voix. Nous nous projetons en lui et c'est comme si nous nous disions quelque chose comme: si telle chose m'arrivait, voilà ce que je ressentirais. Alors, oui, les personnes qui sont les meilleurs observateurs des gens qui les entourent, qui s'intéressent à ces personnes, ont toute chance d'avoir le plus d'empathie. Et évidemment, comprendre le point de vue des autres est indispensable pour avoir de bonnes relations, durables, avec ces personnes.
22/11/2016 (18:19) Rym Bonjour et merci d'être là. Un véritable déclic depuis le dernier chat où j évoquais la rapidité avec laquelle je mangeais. Vous avez utilisé une expression " tout rond" qui a fait mouche. Je ne mâche pas les aliments, à peine. Je sais qu'en theorie la mastication est importante , que l estomac n a pas de dents... Mais depuis une semaine je mâche vraiment du coup les repas sont plus longs. Comme si je sortais d'un déni ou de l ignorance, Cest fou ! J ai juste peur de retomber dans le j avale tout rond Bravo rym! L'important est de déguster, c'est-à-dire, littéralement, prêter attention au goût. Pour avoir du plaisir, sur le plan gustatif, bien sûr. Et aussi, pour pouvoir s'arrêter quand ce plaisir se finit. Ce qui s'appelle le rassasiement gustatif, ou rassasiement sensoriel spécifique (RSS), pour le nom scientifique. Tout cela ne fonctionne, bien sûr, que si on mange pour le plaisir. Si on mange pour se remplir, ou fonctionnellement pour apporter du carburant à notre corps, ou à toute vitesse, sans prêter attention au plaisir gustatif, ou des choses que l'on n'aime pas, ou pour calmer des émotions, le plaisir gustatif cesse d'être un mécanisme de régulation de la prise alimentaire. Le RSS est le signal qui nous dit que ce n'est plus la peine de manger de tel aliment, qui ne nous apporte plus de plaisir. Il ne signale pas la fin de la faim. On peut donc manger encore, mais plutôt autre chose, qu'on trouvera alors bon. Cela donne un repas avec la succession de différents plats. La fin de la faim est signalée par ce qu'on nomme le rassasiement global (RG). Une sensation bien moins définissable, plus floue, plus globale, que nous avons eu notre content. Il est normal que la sensation de RG soit plus floue, car elle est de nature en grande partie conditionnée, et relève aussi de la séquence des repas, et donc de ce qu'on nomme les appétits prévisionnels. les appétits prévisionnels nous donnent envie de manger plus si nous savons que le prochain repas est plus tardif, ou moins si inversement. Ca a l'air compliqué, mais en pratique, ça ne l'est pas tant que ça. On mange ce qu'on aime jusqu'à ce qu'on s'en lasse. On mange alors autre chose qui nous fait envie de la même façon, jusqu'à ce que on se sente nourri, et toujours dans sa zone de confort. Si on a des horaires et des modes alimentaires réguliers, cela se fait sans y penser. Tout ça pour dire que mâcher n'est qu'un moyen de manger attentivement. Pas un but en soi. Ca dépend si ce qu'on mange nécessite d'être mâché ou bien non, n'est-ce pas? Horace Fletcher, un Américain de la fin du XIXe et début XXe, avait inventé une méthode amaigrissante, qui consistait à mâcher longuement tout ce qu'on mangeait. Il fallait même mâcher l'eau qu'on buvait. Quel succès cela a eu! Incroyable!
22/11/2016 (18:25) Rym Des astuces? Y a pas d'astuce. Mangeons pour le plaisir, les choses qui nous font envie à un moment donné, tant qu'il y a du plaisir gustatif. Puis arrêtons-nous et demandons-nous si nous voulons encore quelque chose iou si ça va bien comme ça. Bien sûr, c'est un peu plus compliqué: on peut ne pas aller au bout de son plaisir avec le plat principal, parce qu'on anticipe le plaisir du dessert, qui risque de ne pas être en rendez-vous si on n'a pas gardé un peu d'appétit en prévision. Si ce qu'on mange n'est pas ce qu'on aurait voulu, alors mangeons peu et attendons de pouvoir, un peu plus tard, manger quelque chose qui nous remplira de plaisir. A faire ainsi, nous constaterons que l'on se lasse vite de chaque aliment, et que du coup, on varie l'alimentation. Le chocolat n'est pas indéfiniment plaisant. Il donne vite envie de manger des fruits et des légumes, par exemple. Et vice-versa. Le plaisir gustatif, voilà le bon guide. Et observons ce qui peut nous conduire à ne pas manger ainsi, dans le calme, centré sur sa bouche, sur les bonnes choses que l'on mange. Il y a une infinité de problèmes qui peuvent entraver notre recherche de plaisir. Des éléments organisationnels, psychologiques, émotionnels, des idées et croyances qu'on nous a mises dans la tête.
22/11/2016 (18:26) Riane Bonsoir, je me suis inscrite jeudi dernier bien motivée et jusqu'à samedi j'ai redécouvert la sensation de faim qui n'est pas si désagréable.... Sortie samedi soir au restaurant j'ai été fière de laisser 1/3 de ma pizza (chose impensable avant) mais voilà depuis c'est plus dur et j'ai recraqué...au goûter notamment (je n'en ai pas eu besoin les 1ers jours mais là changement de rythme pour un nouveau travail...) j'ai tendance à manger trop lorsque je suis seule. Que faire ? Merci Bienvenue à vous, Riane, chez Linecoaching. Vous avez testé des éléments passionnants: vous avez pris conscience que vous pouviez avoir une action sur votre comportement alimentaire, que vous n'aviez pas à le subir. Donc, il est possible de ne pas manger tout ce qui est à disposition! N'est-ce pas une bonne nouvelle? Il est aussi possible de ressentir la faim sans que ce soit insupportable. Là encore, cela n'ouvre-t-il pas des perspectives? Mais bien sûr, les choses ne sont pas gagnées pour autant. reste à surmonter de nombreuses difficultés. C'est bien pour cela que nous avons mis en place ce programme, non? Alors, voilà mon conseil: faites le programme, tout le programme, rien que le programme, aussi consciencieusement que vous le pouvez, mais aussi sans zèle, lentement, à votre rythme. Et on va bien voir où cela va vous mener.
22/11/2016 (18:00) G. Apfeldorfer Bienvenue à toutes et tous dans cette foire aux questions. Pendant une heure, je répondrai à vos interrogations, dans la mesure de mes possibilités. Vos interrogations concernant le poids et l'alimentation, s'entend. Pour le reste, je déclare forfait...
22/11/2016 (18:29) Callina Bonsoir Dr Apfeldorfer! Comment ne plus considérer son corps et ses kilos en trop comme une armure? Une protection contre le désir des hommes? Callina, oui, effectivement, l'obésité peut être mise en place et se maintenir parce que, grâce à cette obésité, on se rend non désirable (enfin, c'est ce qu'on croit) et que lorsqu'on a peur de la séduction, du désir, des relations sexuelles, des relations humaines, alors c'est bien rassurant. Mais le problème n'est pas l'armure, c'est la raison qui fait qu'on la porte. Pour vous en sortir, il vous faut travailler sur vos relations avec les hommes. Un abord possible est la participation à des groupes d'affirmation de soi. La thérapie cognitive, qui aborde vos présupposés, vos croyances, par rapport aux hommes, est une autre piste. Allez, je vais vous dire un secret: les hommes, surtout de nos jours, ont une terrible peur des femmes. Ils font les fiers-à-bras, ils jouent au macho, mais ce n'est que pour camoufler leur trouille. C'est leur peur qui les rend agressifs, voire violents envers les femmes. Et donc, pour qu'ils n'aient pas peur de vous, il vous faut les rassurer, leur montrer que vous ne leur voulez aucun mal, que vous ne les jugez pas sur leurs performances, qu'ils peuvent se montrer maladroits, pas à la hauteur, et qu'il ne leur arrivera rien.
22/11/2016 (18:34) Callina Je lis que nous devons être au service de notre corps.Que nous devons pacifier nos rapports avec lui. Mais que se passe-t-il lorsqu'on le déteste?qu'on le trouve rétif, mou, flasque? On ne peut que lui déclarer une guerre sans merci... Votre corps, Callina, vous rend ce que vous lui donnez: donnez-lui du mépris, de la colère, de la honte, des privations, de la violence, des souffrances, et il vous rendra tout cela. Donnez-vous de l'attention, de la gentillesse, des soins, des bonnes choses à déguster, du mouvement (car le corps aime à se dépenser, une fois la période de rodage passée) et votre corps, guilleret, vous le rendra aussi. C'est bien connu, la guerre appelle la guerre. Et pour sortir de ce cercle vicieux, ce n'est pas si facile. Il faut faire un pas vers l'autre, lui faire des cadeaux, l'apprivoiser. Ce que je dis est, me semble-t-il, valable dans les relations humaines, dans la politique tout aussi bien.
22/11/2016 (18:36) ONIX bonsoir G. Apfeldorfer, peut on parler EME lorsqu'elle surviennent à la fin d'un repas ? bien entendu avant de manger j'avais attendu d'avoir "une bonne faim". Bonsoir onix, On peut manger par faim et par EME dans la même prise alimentaire, et c'est même assez courant. Dans ce cas, ce qu'on perçoit souvent, c'est que la faim disparaît après une certaine quantité de nourriture, et qu'il reste alors l'envie de manger émotionnelle. Pour se rendre compte de la présence d'une envie de manger émotionnelle en début de repas, je vous propose, avant de commencer à manger, de prendre quelques minutes pour vous recueillir, observer vos signaux de faim, observer vos pensées, observer vos sensations physiques, observer vos émotions. S'il s'avère que votre envie de manger est à la fois due à la faim et aux émotions, alors rappelez-vous en mangeant qu'ils vous faut répondre à deux besoins différents. Et comme c'est le besoin de calmer les émotions qui est le plus difficile à satisfaire, cela signifie qu'il faut manger quelque chose que l'on aime, en le dégustant avec attention, pour se procurer du réconfort.
22/11/2016 (18:39) Riane oui merci (c'est sûr que je découvre encore beaucoup de choses, je n'ai pas encore tout exploré) ce qui me fait peur c'est que ce soit ma volonté qui s'effrite par moment... Riane, ah, la volonté! Mais nous en sommes tous là: nous n'avons qu'une toute petite réserve de volonté de changement. Et c'est pourquoi il vaut mieux organiser les choses pour ne pas avoir à faire appel à la volonté. On fait bien mieux les choses si on les fait par passion, en s'amusant, en se lançant des défis à soi-même, sans qu'il y ait d'enjeu dans ces défis. La meilleure façon d'avancer est de le faire en jouant. Et n'est-ce pas un jeu que de modifier une chose dans sa façon de faire et de voir ce que ça donne? Un jeu que de constater que ça ne marche pas et de chercher à lever l'obstacle? Comme dans un jeu vidéo...
22/11/2016 (18:43) Callina C'est surtout moi qui ai peur d'eux. Bien sûr aucun d'eux ne semble vouloir se dévouer pour me rassurer comme vous me le conseiller. S'il me quitte, j'en mourrai de chagrin. Voilà pourquoi j'etouffe mon besoin de l'autre en mangeant. En faisant de l'alimentation l'Alpha et l'Oméga de ma vie. Callina, vous centrer sur votre peur ne vous mènera à rien de bon. Centrez-vous sur la peur que l'autre a de vous et faites-le se sentir confortable. Et c'est alors lui que vous rendra la pareille. Quant à l'étouffement, vous étouffez aussi le garçon, suis-je prêt à parier. N'êtes-vous pas trop en demande, du fait que vous ayez peur d'être abandonnée? On n'obtient pas les choses en demandant, en exigeant. On obtient en donnant. Et lorsqu'on donne, mais qu'on ne reçoit pas, alors c'est à nous d'abandonner l'autre.
22/11/2016 (18:43) Riane Ah j'aime bien cette façon de voir les choses, je vais y travailler. Merci Beaucoup De rien, riane.
22/11/2016 (18:44) G. Apfeldorfer J'ai épuisé les questions, sans m'épuiser pour autant. Vous pouvez donc m'en poser d'autre.
22/11/2016 (18:52) Macorouge Bonsoir, plus je retrouve de sensations et plus je m'aperçois que j'ai plaisir à avaler tout rond comme vous dites, au detriment du gout. Eh bien oui, macorouge, la gloutonnerie peut être un plaisir! Un plaisir à se remplir. Se remplir vite crée des sensations physiques intenses, et aussi des émotions intenses (euphorie, ivresse) ce qui permet d'éloigner des pensées et des émotions pénibles. Les gloutons ne sont pas gloutons par gourmandise, ne sont pas gourmets, mais sont surtout, bien souvent, des mangeurs émotionnels. Leur plaisir est en fait l'évitement d'un déplaisir. Il y a aussi les gloutons qui le sont parce qu'ils considèrent que manger est une perte de temps, qu'on se livre à cet exercice comme on ferait le plein d'essence. Une corvée, quoi. Mais ceux-là n'ont aucune sorte de plaisir. Voilà comment je vois les choses.
22/11/2016 (18:52) Macorouge C'est une sensation qui me rassure et j'ai du mal à deguster. Voilà une confirmation à ce que je disais.
22/11/2016 (18:54) Callina Oui, vous avez tout à fait raison. J'ai étouffé un jeune homme si peureux qu'il a disparu sans laisser de traces... Le rassurer ne servira de rien. Je travaille sur moi. Soit je suis étouffante; soit je suis insaisissable. Je ne sais pas faire dans le mesure. Comme avec la nourriture Et si vous faisiez un groupe d'affirmation de soi? Et si vous faisiez une thérapie cognitive, centrée sur les schémas, en l'occurence le schéma d'abandon?
22/11/2016 (18:54) coda bonsoir j'arrive et je n'ai pas suivi lla discussion...je voulais poser une question concernant les carnets que je remplis actuellement. Est ce trop tard ? Non. Ou peut-être que oui, tout compte fait.
22/11/2016 (18:55) coda je suis a la fin du programme et je pense que j'ai encore beaucoup de choses a découvrir sur mon comportement alimentaire, puis -je continuer ces carnets ou refaire d'autres etapes déjà explorées ? Oui, vous pouvez refaire certaines étapes avec lesquelles vous avez eu des difficultés. Demandez à votre coach.
22/11/2016 (18:55) coda j'aurais pu commencer par vous dire merci pour cette méthode qui me fait beaucoup de bien et pas seulement par rapport à la nourriture Ah, c'est gentil. Merci.
22/11/2016 (18:55) Callina Je suis en plein dedans. TOUJOURS EN THERAPIE. Avec cette orientation dont je vous parle.
22/11/2016 (18:58) G. Apfeldorfer Et nous y voilà! A la fin du chat, à l'heure du dîner. J'espère que ce chat vous aura apaisé et que vous pourrez déguster de bonnes choses dans la sérénité. Bonne soirée à vous, bonne continuation.
X