Chat du 25 juin 2019 avec Gérard Apfeldorfer

25/06/2019 (18:03) PILOUPI Bonjour. J'ai appris qu'un pic de glycémie déclenche la faim peu de temps après, qu'en pensez vous? Faut-il donc veiller à ne pas prendre de sucres isolés quand on prend une collation par exemple? Bonsoir Piloupi, Ce qui déclenche la faim physiologique, c'est une légère hypoglycémie, qui est interprétée par votre hypothalamus comme un signal annonçant que le tube digestif ne peut plus approvisionner le corps en carburant. On ressent alors la faim. Lorsque le pancréas ne parvient plus à travailler normalement et sécréter de l'insuline suffisamment et au bon moment, on peut présenter une hyperglycémie lorsqu'on absorbe des glucides, qui est suivie quelques temps plus tard (1 à 2 heures) par une correction brutale du pancréas engendrant une hypoglycémie. On ressent alors une faim trompeuse. Si le pancréas fonctionne bien, rien de tout cela n'arrive, bien sûr. Donc, lorsqu'on est prédiabétique ou diabétique de type 2 non insulinodépendant, mieux vaut ne pas consommer de produits sucrés en grosse quantité de façon isolée. Mieux vaut consommer des sucres en quantité raisonnable, et avec des graisses, des protéines ou des aliments riches en fibres, qui vont ralentir la digestion des sucres. Lorsqu'on n'a pas de problème de diabète ou de prédiabète, on peut sans risque consommer des bonbons sans rien d'autre. Mais je ne recommande pas de faire des compulsions de bonbons. Juste d'en déguster (attentivement), pas goulûment, jusqu'à ce que le goût nous passe. Ce qui survient en fait avec peu de bonbons. Si vous avez des doutes en ce qui vous concerne, consultez votre médecin traitant et voyez s'il y a lieu de faire un bilan à la recherche de signes de diabète, installé ou débutant, ou bien de prédiabète.
25/06/2019 (18:04) Clelie08 Bonjour, J'ai rencontré dans le chat précédent le terme "problème restricto-cognitif". Q'uest-ce que c'est ? Je vois ce que peut être une EME, mais, ça, j'ai besoin qu'on m'explique. Merci ! Ce n'est sûrement pas moi qui ait employé ce terme. Je connais la "restriction cognitive" et c'est sans doute de cela qu'il s'agissait. La restriction cognitive consiste à vouloir contrôler son comportement alimentaire sur un mode volontaire en vue de contrôler son poids. On en parle abondamment sur le site, et c'est ce qui fait qu'en voulant maigrir, on finit par grossir encore plus (si on s'y prend de cette façon).
25/06/2019 (18:10) Elpulsco Bonjour, tout d'abord je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude pour votre engagement si éclairé pour le bien être des gens. Depuis plusieurs années j'ai déjà réussi à pacifier mon rapport aux aliments et stabilisé mon poids grâce vos ouvrages. J'ai franchi une étape supplémentaire en m'inscrivant à LC et déjà cela m'apporte beaucoup. Ma question précise concerne la perception de la faim et ses conséquences : j'ai tendance à faire facilement des malaises (hypoglycémie ou malaise vagal, ça dépend des circonstances) aussi je crois que j'ai développé une vraie peur de la faim trop prononcée. Comment faire alors pour changer cette idée sur la faim alors que concrètement avoir trop trop faim me met parfois en danger réel ? Merci! Merci Elpulsco. Je suis heureux que mes écrits et mes actions aient pu vous aider. Il est effectivement important que vous puissiez différercier la faim (qui se met en route à partir d'une légère hypoglycémie, comme je l'ai dit dans ma réponse à Piloupi) et une réelle hypoglycémie. La vraie faim se manifeste par de nombreux signaux, variables d'une personne à l'autre: la gorge serrée, un creux ou un vide à l'estomac, des gargouillis dans l'intestin. Ce n'est qu'un peu plus tard qu'on a des signes désagréables: une tête lourde ou mal à la tête, de la fatigue, une sensation de faiblesse ou malaise, une difficulté de concentration. On peut aussi de sentir irritable, agressif, anxieux. L'hypoglycémie vraie se manifeste quant à elle par une faiblesse, un malaise, voire une perte de connaissance, rien d'autre. Vous pouvez faire les exercices sur la faim du programme pour apprendre à repérer ces signaux. Pour plus de tranquillité, conservez à portée de la main un peu de sucre (2 à 3 sucres) ou l'équivalent en friandises ou boissons sucrées. Cette quantité suffit à faire passer un début d'hypoglycémie réelle, mais ne met pas fin à une faim débutante.
25/06/2019 (18:15) Paquito Bonjour Gérard. Je suis un vieux de la vieille de Linecoaching, inscrit je pense parmi les premiers à l'ouverture du site. J'ai suivi le programme deux à trois fois, j'ai eu des conversations suivies avec une psychologue, toussa toussa, et pourtant aujourd'hui (désolé pour la mauvaise pub), j'en suis au même point. J'ai vécu ce que vivent les régimeux, j'ai perdu puis tout repris. J'ai le sentiment que dès que je songe à m'occuper de mon poids, je retombe inlassablement dans la restriction cognitive. Que je suive les exercices, que je m'attache à seulement repérer mes sensations alimentaires, le résultat est le même : la RC. Je pratique la pleine conscience, mais je n'arrive pas à sortir de ce fonctionnement binaire : soit je ne songe pas à faire quoi que ce soit, et je prends du poids, soit j'y songe, et c'est la punition de la RC. Quels conseils avisés pourriez-vous me prodiguer ? Dois-je laisser tomber toute idée de perte de poids, et vivre celui-ci comme il se présente ? Ou devrais-je aborder la question autrement ? Merci beaucoup pour votre temps. Bonsoir Paquito. Il me semble que nous avons déjà eu cette conversation dans le passé. Je ne me souviens plus de ce que je vous avais répondu à l'époque, et je vais vous dire ce qui me passe par la tête aujourd'hui. Il y a une erreur quelque part dans ce que vous faites, Paquito, et il s'agit de la trouver! Première idée, que je vous propose: vous ne parvenez pas à faire confiance à votre corps, à vous faire confiance. Pour sortir de la restriction cognitive, pour abandonner le contrôle volontariste, il faut sauter le pas et laisser la main au contrôle physiologique. Or celui-ci ne fonctionne pas sur le même principe que le contrôle volontariste. Le contrôle physiologique (qui fonctionne dès lors qu'on mange en écoutant le plus souvent ses sensations alimentaires de faim, de rassasiement et ses appétences) est d'une grande souplesse. Il ne vous empêche pas de manger sans faim ou plus que votre appétit. Simplement, un peu plus tard, il corrige: il coupe ou retarde l'arrivée de la faim, avance celle du rassasiement, oriente les choix alimentaires différemment. Le problème, souvent, est dans cet "un peu plus tard". Ce peut être une correction au prochain repas, mais chez certaines personnes la correction ne se fait que 2 ou même 3 jours plus tard. Il faut donc avoir confiance... Je sais que ce n'est pas facile et qu'on a tendance à revenir à la restriction cognitive lorsqu'on constate que cela ne se corrige pas immédiatement, et que le poids semble osciller, un coup dans le bon sens, mais aussi un coup dans le mauvais sens. 2ème idée: vous vous acharnez à maigrir, mais dans le même temps, vous faites du sabotage. Vous voulez presque réussir mais au dernier moment, vous faites en sorte d'échouer. Pénélope, la femme d'Ulysse, défaisait chaque nuit la tapisserie qu'elle cousait la journée. Ce genre de situation n'est pas rare. Cela survient lorsqu'on a une raison cachée qui fait qu'on veut ne pas avoir à gérer certaines conséquences de la réussite. Dans le cas de Pénélope, elle avait promis qu'elle épouserait l'un de ses prétendants lorsqu'elle aurait fini sa tapisserie. Mais ce qu'elle voulait vraiment, c'était le retour d'Ulysse. Bon, probablement, demain j'aurai d'autres idées. Mais pour aujourd'hui, je m'arrête là.
25/06/2019 (18:00) G. Apfeldorfer Bonsoir les courageux! J'espère que vous êtes au frais. Posez vos questions, vous aurez sans doute des réponses. Je dis ce que je pense, qui n'est pas forcément ce que vous auriez aimé entendre. Mais c'est le jeu. A vos claviers, pour une heure. C'est parti!
25/06/2019 (18:03) choucathou bonsoir Dr Apfeldorfer Bonsoir choucathou. Posez votre question.
25/06/2019 (18:21) choucathou je suis dans uen sitaution étrange j'ai faim par moment ( une vraie faim) mais envie de rien comme nourriture. Que faire?pour lemoment, je me force masi ça ne va pas, je n'ia pas deplaisir à manger dans ces conditions. S'il s'agit d'une vraie faim, alors c'est que votre corps commence à manquer de carburant. Une petite faim conduit à désirer un peu n'importe quoi parce que tout peut faire l'affaire. Une grande faim fait surtout désirer des aliments riches énergiquement (gras et/ou sucrés). Des désirs spécifiques peuvent apparaître si on est carencé en certains nutriments. Mais chez nous autres, les bien nourris, cela n'arrive pas tout le temps. Enfin s'il ne s'agit pas de faim, mais d'une EME, alors là, les seuls aliments réconfortants sont les aliments riches en calories et spécifiquement désirés. Donc, si c'est une vraie faim et qu'elle n'est pas intense, il est normal que vous n'attachiez pas une grande importance aux choix alimentaires. Tout vous va bien, alors. Il est normal aussi que vous n'ayez qu'un plaisir gustatif limité. A petite faim, petit plaisir.
25/06/2019 (18:11) choucathou avez-vous reçu ma question? Pas d'affolement. je réponds dans l'ordre des questions, sauf pour des questions dans le genre de celle-ci (et votre précédente).
25/06/2019 (18:33) FRAMBOISE Bonsoir docteur je reviens sur l'expérimentation de la faim, donc si j'ai bien compris votre réponse il faut absolument tester la grande faim ??car j'ai le même soucis c'est d'avoir peur de faire un malaise car déjà arrivé mais sans en connaître la cause. Bonsoir Framboise. Il y a plein de gens qui ont peur de la faim. Soit parce qu'ils pensent qu'elle peut déclencher des compulsions alimentaires, soit parce qu'ils pensent qu'ils sont incapables de la supporter. Mais c'est vraiment un problème de populations bien nourries, non? Autrefois, tout le monde connaissait la faim au moins de temps à autre. Les seules personnes qui risquent de faire des malaises lorsque la faim apparaît sont celles qui sont sujettes à l'hypoglycémie. Ce dont j'ai déjà abondamment parlé dans mes réponses du jour. Si vous avez peur du malaise, munissez-vous de quelques morceaux de sucre ou leur équivalent solide ou liquide, comme je l'ai dit dans une réponse précédente. Et rassurez-vous, on ne meure pas de faim aussi vite. Il faut ne rien manger pendant au moins deux mois. Ceci dit, si vous ne faites pas l'expérience de la grande faim, ce n'est pas dramatique et cela ne vous empêche pas de suivre la suite du programme.
25/06/2019 (18:23) G. Apfeldorfer IL ne me reste plus qu'une question en stock. je risque la panne sèche. Profitez-en pour poser les questions qui vous empêchent de dormir la nuit.
25/06/2019 (18:45) julianne Bonsoir. Pourquoi est-ce si compliqué de renoncer au réconfort apporté par la nourriture ? Celui que l'on ressent quand on mange beaucoup, qu'on se sent rempli. Alors que d'autres ne considèrent la nourriture que comme ce qu'elle est ? En sont presque détachés . Je ne sais toujours pas, après avoir fini le programme, comment arriver à avoir ce rapport "normal"avec l'acte de manger. ? Pourquoi donc faudrait-il renoncer au réconfort procuré par une bonne nourriture désirée? Ce n'est assurément pas dans la philosophie de LC. Ceci dit, nous faisons une grande différence entre le réconfort procuré par la dégustation, et le bien-être procuré par un ventre bien rempli. Ce second cas de figure me semble être un héritage des moments de disette, où avoir le ventre bien plein était rassurant. On n'allait pas mourir de faim tout de suite. Les gloutons sont donc plutôt, selon moi, des personnes qui craignent de manquer, alors que les gourmands, les dégustateurs, savent qu'ils vivent dans l'abondance et que ce qui est rare, ce n'est pas la nourriture, mais c'est le désir. Les personnes en restriction cognitive sont elles aussi dans cette situation de vouloir avoir le ventre plein des bonnes choses qu'elles mangent goulûment en essayant d'éviter de penser à la culpabilité qui va leur tomber dessus. Quand on sait qu'on peut manger ce qu'on veut quand on veut, qu'on ne craint plus de manquer de ce qu'on aime, alors la seule question qu'on se pose est: ai-je vraiment envie de cela, là, maintenant, ou pas tant que ça? Si l'envie n'est pas si forte, alors on se dit qu'il vaut mieux attendre d'en avoir plus envie, parce qu'alors ce sera encore meilleur.
25/06/2019 (18:49) Mimos Bonjour, je débute. Et pour l?instant, je ne fais pas bien la différence entre faim/rassasiements/satiété/envie de manger. Merci de vos explications. Mimos, bienvenue dans le programme de Linecoaching. Je ne vous répondrai pas, non pas parce que je trouve votre question sans intérêt (elle fait partie des choses essentielles) mais parce que dans le début du programme, on va vous expliquer tout ça. Bonne lecture, bons exercices, nous sommes là pour vous soutenir!
25/06/2019 (18:52) Clelie08 Bonjour Gérard, Lors 'un chat précédent, M; Zermati faisais la distinction entre la satiété et le rassasiement. D'après ce que j'ai compris, la satiété est la disparition des signaux de faim, et elle est à distinguer du rassasiement qui correspond au désintéressement de la nourriture et qui arrie plus tard. Il disait que le dérèglement se produit touours au niveau du rassasiement. J'ai pour mapart plus demal àpercevoir la satiété ue le rasasiement. Coment arriver à ne pas laisser le rassasiement se dérégler ? Car je crois que c'est cela qui conduit à la prise de poids... ? Bonsoir Clelie08, Ah vous mettez le doigt sur un sujet douloureux. C'est là un des (rares) points de désaccord entre le Dr Zermati et moi. Lui considère que la satiété consiste en la disparition des signaux de faim, et moi je définis la satiété comme la fin du désir de manger (c'est la définition traditionnelle, des manuels de physiologie, en fait). Si bien que pour le Dr Z., la satiété précède le rassasiement, alors que pour moi, la satiété survient après que le rassasiement global (différent du rassasiement gustatif dont on vous parle dans le programme) ait fait son apparition. En fait, sur le plan pratique, ça n'a que des conséquences des plus limitées. De mon point de vue, on ne perçoit pas l'apparition de la satiété parce qu'elle est une non faim, une non sensation. On perçoit le rassasiement global qui est une sensation globale de satisfaction, avec le sentiment qu'on a probablement assez mangé pour aller jusqu'au repas suivant. Le rassasiement global est de nature conditionnée et dépend du fait qu'on a des repas réguliers (là dessus, Z et moi sommes d'accord). Les personnes qui ont des dérèglements alimentaires perdent assez facilement cette sensation, qui est alors à reconstruire. Le rassasiement gustatif, c'est autre chose: c'est une disparition du plaisir gustatif à manger un aliment désiré. Dans un repas, quand le rassasiement gustatif arrive, on passe alors au plat suivant (si, de mon point de vue, on a encore faim). Il est facile à percevoir, car immédiat en bouche. C'est pour cela qu'on insiste sur ce type de rassasiement. Mais les 2 types de rassasiement ont 2 fonctions différentes.
25/06/2019 (18:55) Liliane Bonjour, je n'ai pas vraiment de question pour l'instant mais une constatation positive : j'ai commencé le programme au 4 juin, j'en suis à l'étape de découverte de la dégustation. La semaine dernière j'ai eu deux épisodes compulsifs mais j'ai eu le réflexe malgré tout de déguster les aliments pris pendant cette compulsion. J'ai constaté que j'ai consommé un tiers voire un quart de ce que j'ingurgite habituellement dans ces moments-là. J'ai trouvé que c'était une bien belle expérience. Liliane, je vous aime! Bravo. Continuez! Mais je vous préviens tout de même, il y aura des péripéties, des reculades, des problèmes, à un moment ou à un autre. la vie n'est pas un long fleuve tranquille.
25/06/2019 (18:56) FRAMBOISE J'ai eu comme un déclic suite à ma question sur le chat d'hier. je pense avoir trouvée pourquoi je ne parviens pas quand je commence à manger à m'arrêter même si je sais très bien que je n'ai plus faim. Et vous venez avec votre réponse de confirmer mon problème. Je n'ai pas connue la faim mais par contre le manque de bonnes choses si, je pense que cette peur est toujours bien présente. Oui, framboise, belle avancée d'avoir compris cela. Et donc, il va falloir vous réhabituer à manger des bonnes choses. Différents exercices vont vous le proposer (si ce n'est déjà fait), de façon progressive, pour ne pas risquer des compulsions dues aux privations. Il faut se réhabituer progressivement à l'abondance!
25/06/2019 (18:58) FRAMBOISE Merci à vous la question apportée à julianne me conforte dans l'idée que je fais partie des gloutons et je vais enfin pouvoir travailler sur mon vrai problème. Oui, abandonner la gloutonnerie, due à un passé de manque, pour passer au plaisir de la dégustation, qui est un plaisir plus élaboré, à mon avis de niveau supérieur. La gloutonnerie appelle un estomac plein, la dégustation s'occupe de ce qui se passe en bouche, en alors, il est rare qu'on sorte de table avec un trop plein dans l'estomac. Dans le premier cas, il s'agit de ne pas manquer, dans le second, il s'agit de faire de l'acte de manger un plaisir, social, culturel, et allons, disons-le, un art.
25/06/2019 (19:00) G. Apfeldorfer Plus de questions. Ça tombe bien, le tchat se termine. J'espère que ces réponses vous auront permis de mieux comprendre les obstacles qui sont sur votre route. Bonne soirée à toutes et tous. Et à la revoyure!
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