Chat du 30 juillet 2018 avec Gérard Apfeldorfer

30/07/2018 (18:48) Paquito Bonjour Docteur. Je suis un vieil habitué de LC, je me suis inscrit sans doute dès la création du site. J'ai suivi le programme deux, voire trois fois, j'ai participé à une journée de formation avec vous, et je suis toujours en difficulté. Je pense que mon souci réside dans le contrôle. Soit je ne me soucie pas de mon alimentation, et je mange en deux minutes chrono, sans me soucier de mes sensations alimentaires, et je prends du poids. Soit je cherche à respecter ces sensations alimentaires, et je me retrouve dans le contrôle : ai-je vraiment faim ? Ai-je assez mangé ? Suis-je rassasié ? Cette envie de manger, est-elle émotionnelle ? De quoi j'ai envie ? Etc. Je ne parviens pas à me débarrasser de ce f*** contrôle, du coup, je suis LC comme un régime, et ça ne marche pas. Je songe à reprendre le programme une nouvelle fois depuis le début, mais comment changer de focale, et ne plus l'aborder sous l'angle du contrôle ? Je précise que je pratique la méditation quasi quotidiennement. Bonsoir Paquito, Oui, je comprends très bien à quel point c'est difficile de passer d'un contrôle conscient de son comportement à une écoute des messages du corps, c'est-à-dire à un contrôle inconscient, effectué par les centres nerveux qui gèrent vos apports alimentaires afin que votre poids reste aux alentours du poids d'équilibre, ou y revienne. Ces contrôles inconscients s'occupent aussi de vous faire sélectionner les aliments qui contiennent des nutriments qui viennent à manquer: il agissent alors en augmentant le plaisir gustatif procuré par ces aliments nécessaires. Pour que tout ça marche bien, il faut donc: être attentif aux messages du corps, et leur obéir la plupart du temps. Donc manger quand on a faim, ne pas manger quand on n'a pas faim, et s'orienter en direction des aliments qui nous semblent être ceux qui vont nous satisfaire le plus. Mais bien entendu, il existe des contraintes environnementales (manger en société, horaires habituels, disponibilité des aliments...) qui font qu'on ne peut pas toujours manger ainsi. Ce n'est pas grave puisque ce qui compte, c'est que, en moyenne, la plupart du temps, on mange en respectant ses sensations alimentaires. Les fois où on ne le fait pas donnent lieu à des compensations automatiques (si on mange trop, on a moins faim ensuite, et vice-versa). Bon, tout ça, vous le savez, n'est-ce pas? C'est sur la pratique que vous butez. Et vous n'y parvenez pas, peut-être parce que vous ne faites pas suffisamment confiance à votre corps pour gérer votre poids. Il faut laisser au corps la bride sur le cou! Et aussi parce que, à certains moments, manger ATTENTIVEMENT vous semble trop pesant. Mais manger avec attention est une nécessité. Notre corps, d'une façon générale, nécessite beaucoup d'attention de notre part. Et cette attention, ce soin au corps, font que nous préservons notre santé. Nous veillons par exemple à dormir quand nous avons sommeil (là aussi, souvent mais pas toujours), nous veillons à donner de l'exercice à notre corps car nous savons que si nous le faisons pas, nous nous sentirons moins bien. Et ainsi de suite, pour tous les besoins fondamentaux. Manger est donc un soin du corps nécessitant notre attention. Les questions que vous vous posez sur les sensations alimentaires (ai-je vraiment faim ? Ai-je assez mangé ? Suis-je rassasié ? Cette envie de manger, est-elle émotionnelle ? De quoi j'ai envie ?) ne me semblent pas de l'ordre du contrôle, mais de l'écoute des messages du corps. Elle sont légitimes, mais ne doivent pas devenir obsédantes, puisqu'on sait qu'on peut déroger aux règles, parfois mais pas tout le temps. Mais encore une fois, on peut désobéir, en raison des circonstances. Désobéir de temps à autre, mais obéir à son corps dans l'ensemble. La méditation devrait pouvoir vous aider. Car manger peut être un excellent exercice de méditation. Peut-être pas tout le repas, mais pour une partie. Donc, en conclusion, ce n'est peut-être pas la peine de refaire le programme. Mais vous devez considérer que manger est un acte vital, essentiel, qu'on ne peut pas bâcler, et vous mettre à l'écoute de votre corps, à son service, pour lui donner ce qu'il vous demande. Ni plus, ni moins. Soyez gentil avec votre corps, il vous le rendra.
30/07/2018 (18:58) Apollonide Peut-il exister des blocages psychologiques empechant une perte de poids, et ce malgre une activite physique reguliere et une alimentation equilibree? Bonsoir Apollonide, Des blocages psychologiques? Si vous mangez en écoutant votre faim, votre rassasiement, et vos appétits spécifiques, vous allez manger dans l'ensemble ce dont votre corps a besoin pour se maintenir au poids d'équilibre (ou y retourner si vous n'y êtes pas) et pour avoir des apports nutritionnels corrects. Si vous avez un haut niveau de stress, Deux phénomènes peuvent intervenir: vous allez manger plus dans le but de calmer vos émotions (envies de manger émotionnelles) et des phénomènes hormonaux vont intervenir, qui feront qu'à nourriture égale, vous grossirez ou ne perdrez pas de poids. Mais ces phénomènes hormonaux n'influencent le poids que modérément, le plus souvent. Une autre forme de "blocage" consiste dans un refus plus ou moins inconscient de maigrir: on redoute par exemple de devoir changer sa vie une fois qu'on sera mince, ou on redoute les changements sentimentaux, ou dans le mode de vie, ou sur le plan relationnel, que cela pourrait impliquer. En fait, il existe de nombreux "blocages" de ce genre, où on a peur de maigrir. Ce qui me questionne, aussi, dans votre question, c'est cette idée d'alimentation équilibrée. L'équilibre alimentaire a à voir avec la santé, pas avec le poids. On peut manger équilibré et trop, si bien qu'on ne perdra pas de poids, et on peut manger déséquilibré et peu en quantité calorique, si bien qu'on perdra du poids. Quant à l'activité physique, il faut un haut niveau d'activité pour que cela fasse perdre du poids. Et dans de tels cas, le poids revient lorsqu'on cesse l'intense activité physique. Songez par exemple aux anciens sportifs de haut niveau, qui prennent très souvent du poids! On considère qu'un niveau d'activité moyen (ce que recommandent habituellement les médecins et le gouvernement) aide à stabiliser le poids, mais pas à perdre du poids.
30/07/2018 (18:45) G. Apfeldorfer Bonsoir à toutes et tous! Je vous rappelle la règle de ce chat: vous posez les questions qui vous tracassent, et je tente de vous répondre. Je réponds aux questions dans leur ordre d'arrivée, à peu près. Donc, parfois, il peut y avoir un délai de réponse. Certains préposent leurs questions et je les en remercie. Cela me permet de faire des réponses plus détaillées.
30/07/2018 (19:04) chris212 Le rassasiement reste très difficile à ressentir. Je parviens à ressentir le rassasiement gustatif spécifique. Pas le global. Pourtant, je déguste, je savoure lentement, je suis attentive. Mais je ne respecte pas cette sensation de rassasiement. J'en suis persuadée. Rebonsoir chris. C'est vrai le rassasiement global peut être difficile à percevoir. Cela tient à son mécanisme. En fait, il s'agit d'une sensation conditionnée. Et qui détermine en fait le moment du prochain repas. Ce qui signifie que pour que le rassasiement global soit perceptible, il faut que nous ayons des habitudes alimentaires, des horaires. Lorsque nous avons des horaires réguliers, nous mangeons à un repas ce qui faut pour aller confortablement jusqu'au prochain repas. Le rassasiement n'est pas ressenti de la même façon si on fait 3 repas par jour ou si on en fait 10. Pour des personnes qui n'ont plus guère d'horaires réguliers, ou même d'habitudes alimentaires, comme c'est souvent le cas chez les personnes ayant un comportement alimentaire déréglé, le rassasiement global est peu perceptible et demande à être reconstruit. Ce qu'il fait lorsque nous retrouvons des horaires réguliers. C'est pour cela que nous mettons l'accent essentiellement sur le rassasiement sensoriel spécifique, qui consiste en une diminution du plaisir à manger pour un aliment déterminé (et cela ne fonctionne que si on est attentif à ses sensations gustatives et à son plaisir). Les deux formes de rassasiement, quand tout va bien, se complètent: le rassasiement sensoriel spécifique nous conduit à arrêter de manger d'un plat, qui ne nous apporte plus de plaisir gustatif, et passer à un autre plat qui peut nous en apporter. Le rassasiement global signale qu'on en a fini pour le moment avec le fait de manger.
30/07/2018 (19:05) reborn60 Merci pour cette réponse très éclairante, Dr, et qui rejoint ma problématique, et celle de Paquito, finalement, la difficulté à "lâcher" le mental au profit du corps. Oui, reborn, se recentrer sur le corps, lui laisser la direction des opérations, et se considérer comme à son service. C'est une attitude si différente de ce qu'on préconise habituellement, n'est-ce pas ? Mais c'est la sagesse: notre corps a des besoins et il nous dit quoi faire pour que nous soyons en harmonie: dormir quand il le faut, manger, boire quand il le faut, prêter attention aux douleurs et ménager le corps, et ainsi de suite.
30/07/2018 (19:05) reborn60 Y'a plus personne ? Mais si!
30/07/2018 (19:05) G. Apfeldorfer Panne sèche de questions. Merci de me questionner!
30/07/2018 (19:12) reborn60 J'ai terminé le programme il y a quelques mois sur cette étape du rassasiement et c'est ma grande difficulté, comme Chris. Je parviens à savoir quand j'en ai fini avec un aliment, mais pour ce qui est de la fin du repas... je ne sais si c'est mon corps ou ma tête qui le détermine ? reborn, le rassasiement global est une sensation diffuse. On ressent l'impression qu'on a assez mangé pour aller jusqu'au repas suivant. On parle aussi sur le site des appétits prévisionnels, qui font qu'on mange en fonction du moment supposé du prochain repas. c'est donc la même chose. La plupart des personnes identifient bien cela. Mais encore une fois, cela ne marche vraiment bien que dans la mesure où on a des horaires à peu près réguliers. Donc, peut-être devriez-vos commencer par là. Etablir des horaires à peu près réguliers.
30/07/2018 (19:17) selamaradja Bonjour.. je suis nouvelle.. je suis en phase de degustation et je suis les consignes mais mon poids est tjrs le meme! En mangeant en plein conscience je constate que les portions sont reduites mais tout de meme je suis inquieté.. je ne sais pas si je suis sur la bon cheminement? Je mange de tout.. je suis inscrite au programme de 6 mois. Merci Bonsoir selamaradja et bienvenue sur Linecoaching. Enfin, vous n'êtes pas tout à fait nouvelle si vous êtes avec nous depuis six mois. Encore que cela dépend de votre vitesse de progression dans le programme, bien sûr. Mais si vous en êtes à la phase de dégustation, il est normal qu'il n,'y ait pas de retentissement sur le poids. Les exercices décisifs sont de ce point de vue ceux qui permettent de sortir de la restriction cognitive, et qui consiste à remplacer une partie du repas traditionnel ou tout le repas, par la consommation d'un aliment à haute densité énergétique (gras/ sucré). On apprend ainsi à identifier la faim, ainsi d'ailleurs que le rassasiement. Donc, pas d'affolement,, faites le programme assidûment, et cela devrait bouger. Tôt ou tard.
30/07/2018 (19:19) reborn60 J'évoquais dans l'autre chat le rapport à la frustration chez l'adulte, dans notre problématique avec l'alimentation. Parmi les blocages possibles, pourrait-il y avoir une forme de rébellion ? Ca semble puéril, mais ça me parle ! Oui, reborn, l'esprit humain est ainsi fait qu'il est capable de se rebeller contre les décisions que lui-même a prises! On a une bonne raison pour avoir pris telle décision, et on a une autre bonne raison pour faire du sabotage.
30/07/2018 (19:19) reborn60 Je réalise que mes horaires n'ont rien de réguliers en effet, par rapport à mon travail, je vais voir de ce côté. Oui, essayez. Et on verra ce que ça donne.
30/07/2018 (19:24) reborn60 Je me fais la remarque qu'après le contrôle alimentaire des années passées, je basculais dans la peur du contrôle. Le tout ou rien... Le problème du contrôle, c'est de savoir qui contrôle quoi. Je contrôle mon comportement alimentaire: mon corps est alors un objet que ma volonté doit contrôler. J'écoute les sensations alimentaires: comme ces sensations sont des messages de mes centres de contrôle neurologiques du poids et des apports nutritionnels, cela veut dire que je laisse ces centres faire leur boulot et que je me mets au service de mon corps. Mon corps a le contrôle et je suis son (chevalier) servant. Je suis alors en harmonie avec mon corps. Il faut choisir... Mais la difficulté, c'est que le contrôle des centres nerveux ne nous semble pas forcément en accord avec notre propre idée de comment cela doit se passer.
30/07/2018 (19:26) oleonpapin bonjour Docteur, j'ai débuté le programme il y a 15 jours et là je commence à faiblir un peu. En quinze jours sans "rien faire", juste en écoutant mes sensations, j'ai perdu 2 kilos. là je faiblis, ces trois derniers jours à cause d'un grand stress dans mon travail, je ne suis pas allée sur le site et j'ai mangé sans écouter mon corps. donc dur dur. oleonpapin, bienvenue à Linecoaching. Pas d'affolement! Si vous vivez uen période difficile, il est tout à fait normal que vous ne parveniez pas à la gérer. Vous êtes débutant, n'est-ce pas? Donc, faites pour le mieux en ce qui concerne cette difficulté, avec les moyens du bord. Et vous reprendrez le travail sur votre comportement alimentaire dès que possible. A l'impossible, nul n'est tenu!
30/07/2018 (19:27) selamaradja Merci.. j'y suis depuis 3semaines.. c mon abonnement qui est de 6 mois à compter de ce mois. Ah bon! C'est plus clair comme ça. Bon cheminement dans le programme, selamaradja.
30/07/2018 (19:31) Callina Bonsoir Docteur Apfeldorfer! Comment allez-vous? Dites-moi, malgré de fortes douleurs à l'estomac et un ulcère, je ne parviens pas à réfréner ma consommation de coca-zero. Auriez-vous un conseil? Merci! Bonsoir callina. Le coca-zero n'est ne rien un problème en ce qui concerne le poids. Il ne s'agit après tout que d'eau parfumée. Bon, c'est gazeux et parfois irritant pour les personnes ayant un problème d'ulcère gastro-duodénal. Mais là, ce qui compte, c'est que vous ayez un traitement adapté pour votre estomac. La question, c'est à quoi cela vous sert-il de boire du coca-zero. Est-ce pour remplacer une prise alimentaire? D'ordre émotionnel? Il s'agit alors de bien détailler les émotions et les pensées en cause, et de travailler là dessus.
30/07/2018 (19:32) selamaradja Merci M. Apfeldorfer.. donc je suis sur la bonne voie? Oui, il me semble. Bonne route!
30/07/2018 (19:33) G. Apfeldorfer Une petite question, SVP?
30/07/2018 (19:36) chris212 Je suis surprise par l'importance que vous accordez à la régularité des horaires. La plupart du temps, je ne petit déjeune plus (depuis LC, en fait), Le repas de midi a lieu entre 12 et 14 heures 30 (c'est selon). Goûter à 16 heures. Dîner à 19 heures. Donc, vous avez des horaires à peu près réguliers. Vous devriez donc avoir des appétits prévisionnels qui vous permettent de manger la quantité calorique nécessaire pour aller jusqu'au repas suivant. Vous devriez être en mesure de ressentir cette sensations diffuse qu'on appelle le rassasiement global. ce moment où on se dit, il fallait bien ça, mais plus serait inutile.
30/07/2018 (19:39) Bonjour Docteur. Tout d'abord un grand merci à tou J'ai une question concernant le carnet alimentaire. Pourquoi est-ce que on doit indiquer si on perçoit la distention gastrique ? Si j'ai bien compris la méthode, on doit se concentrer sur le plaisir gustatif le plus souvent surtout pour des plats "classiques c'est à dire hors salade... Oui, vous avez raison, la distension gastrique n'est pas un signal intéressant. On peut manger de grands volumes peu nourrissants ou bien de petits volumes très nourrissants. Cela dépend aussi de ce qu'on a mangé dans les repas qui précèdent, puisque l'estomac peut se distendre si on a mangé des repas volumineux ou se contracter dans le cas contraire. Mais vous faire percevoir cette distension est utile pour vous recentrer sur les sensations corporelles induites par le fait de manger. C'est tout.
30/07/2018 (19:42) reborn60 Ca interpelle votre réponse à l'heure où dans bon nombre d'entreprises, la pause-repas est réduite à peau de chagrin. Ca participe forcément au surpoids et à l'obésité. reborn, bien d'accord. Ce sabotage du déjeuner est des plus néfastes. Si les Français sont bien plus minces que le Américains, c'est qu'ils prennent bien plus au sérieux le fait de manger et qu'ils prennent bien plus de temps pour cela.
30/07/2018 (19:43) Bonjour Docteur. Tout d'abord un grand merci à tou Et en quoi le nombre de bouchées est important? Il y a 7 ou plus je crois. Dans un repas classiques, il y a toujours plus d'une dizaine de bouchées à moins de manger des gros morceaux à la fois ?. Mais si je mange un plat avec de la viande, de la salade et des féculents disons une assiette moyenne, je sais que je n'atteindrai pas la satiété avant la fin car je me sers en fonction de ma faim et ce n'est rarement moins de 10 bouchées .. On vous a demandé de compter les bouchées? Bizarre.
30/07/2018 (19:43) G. Apfeldorfer Eh bien, nous voilà au bout de ce chat! Merci à vous d'y avoir participé et d'avoir posé de bien intéressantes questions. Et à la prochaine fois. Bon appétit pour le dîner, et bonnes vacances, si vous en prenez.
X