Chat du 30 octobre 2013 avec Gérard Apfeldorfer

30/10/2013 (18:36) ZEBU84 Bonjour, J'avais bien démarré mais à présent, une vie professionnelle un peu trop présente me perturbe et m'empêche de me poser pour continuer mon programme, comment faire pour y arriver. J'ai commencé en avfril, dois je reprendre du début ? Quelle aide peut m'être apportée ? D'avance ,merci Bonjour zebu84, Je suis allé voir votre parcours sur Linecoaching et j'ai constaté que vous en êtes à votre deuxième étape, "J'approfondis mes sensations et mes émotions". Vous en êtes donc encore au tout début. Pour reprendre le parcours, je vous conseille de reprendre en premier lieu les exercices de pleine conscience, En particulier celui de la respiration et le body scan. Viendront ensuite pour vous les étapes suivantes: le travail sur les sensations alimentaires en explorant la faim, la dégustation et la satiété. Il s'agit bel et bien d'un travail, Sur soi-même, sur son comportement alimentaire, et sur ses réactions émotionnelles. Un travail qui, comme tout travail, nécessite du temps, de la disponibilité, de l'implication. La question est donc: cela est-il suffisamment important pour vous et cela mérite-t-il que vous y consacriez le temps nécessaire? Bien sûr, la vie professionnelle est souvent très prenante, mobilisant beaucoup de temps et d'énergie. Mais quel dommage si cela nous empêche de faire ce qui nous tient tant à coeur...
30/10/2013 (18:37) librairie je sais pas pourkoi mais jai du mal a manger doucement maintenant jai telment plus peur dcertain aliment que du coup je mange quand jai faim mais pr sasiété c pas sa prkoi sa me fait sa? par contre mon poids stabilise à 52 jai perdu 2 kilos en mangeant cque jaime Je suis désolé, librairie, mais je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous dites. Avez-vous peur de manger certains aliments? Par exemple les aliments riches? Ou bien au contraire dites-vous que vous avez désormais moins peur? Je crois comprendre que vous avez de la difficulté à identifier vos sensations de rassasiement. Cela est normal si vous ne parvenez pas à manger attentivement, lentement, pour évaluer votre plaisir et repérer la fin du plaisir gustatif. Sans doute est-ce là dessus qu'il va falloir porter vos efforts: apprendre la dégustation pour avoir plus de plaisir avec moins de nourriture. Je note aussi que malgré ces difficultés vous avez perdu du poids. Je vous souhaite bon courage pour la suite.
30/10/2013 (18:40) librairie Je me vexe quand je dis non a un aliment a quelqun quand jai pas faim ? comment faire pour etre en paix en disant non a quelqun Dire non à une offre alimentaire n'est pas toujours facile. Un cadeau ne se refuse pas. Mais s'il peut être difficile de refuser de goûter ce que l'on vous propose, en raison des règles de la politesse, la quantité que vous consommez ne dépend que de vous. Si la personne insiste pour que vous mangiez davantage, je vous conseille de lui faire plusieurs compliments sur la qualité de la nourriture qu'elle vous a proposé, afin de la consoler de vous voir en manger si peu.
30/10/2013 (18:41) camille280395 Bonjour docteur, je voulais savoir, est-il impossible de manger par plaisir même quand on a pas faim ? Beaucoup de personnes minces prennent un petit déjeuner et garde une alimentation raisonnable et équilibrée. Je veux dire par là que le fait de manger uniquement quand on a faim ne nous fait pas manger très souvent. Hier je n'ai mangé que deux fois dans la journée. Ça devient une privation, même si je mange ce dont j'ai envie. Mon petit déjeuner et mon goûter me manquent...Que faut-il faire ? Respectueusement. Il existe plusieurs formes de plaisir alimentaire: le plaisir peut être social, celui du partage et de la convivialité. La nourriture que l'on consomme peut être aussi porteuse de représentations riches et nourrissantes qui nous font plaisir. La faim ne joue pas de rôle pour ce type de plaisir. Lorsque l'on mange pour calmer ses émotions, on évite un déplaisir, ce qui est en quelque sorte une forme de plaisir. Enfin il y a le plaisir gustatif. Si, même lorsque l'on n'a pas faim, on peut parfaitement juger de la qualité d'un aliment, on ne prend véritablement de plaisir que dans la mesure où on a suffisamment d'appétit. Si vous n'avez faim que pour deux repas par jour, j'en déduis que vous mangez probablement trop à la fois. Peut-être avez-vous des difficultés à repérer le moment du rassasiement. Et je parle là du rassasiement gustatif, c'est-à-dire de la fin du plaisir en bouche. Ce que vous ne parvenez pas à faire, c'est semble-t-il à repérer vos appétits prévisionnels. Ce sont les appétits prévisionnels qui nous permettent de déterminer la quantité qu'il convient de manger pour aller jusqu'au repas suivant. Il s'agit là d'une forme de conditionnement, c'est-à-dire d'apprentissage. Cela se fait progressivement et vous allez sans doute passer de deux repas par jour à quatre ou cinq de façon spontanée. Je vous conseille de ne pas vous en inquiéter. Cela viendra en son temps.
30/10/2013 (18:47) paulinec Je viens de m?inscrire sur le site après une expérience compliquée avec une diététicienne du GROS. J?ai eu énormément de mal à communiquer avec elle. Le bilan, c?est 5 kg en plus sur la balance mais plus de sérénité lors des repas. Une belle avancée donc mais?.mais 5 kgs?. Ce matin sur la balance, j?ai eu envie de pleurer, de tout lâcher. J?avais honte. Au fond je suis convaincue du bénéfice de cette méthode sur le long terme, je sais que ça peut marcher. Mais comment gérer ces situations où la balance vous remet face à vos pires démons ? Comment faire pour ne pas craquer pour la bonne vieille méthode restrictive lors de la prochaine « pesée » si la balance indique encore +1 ? Comment rester positif et optimiste dans ces situations ? C?est si vite fait de rebalancer du côté obscur ! Ah la balance ! Ou encore le pèse-personne. Mais le pèse-personne ne pèse pas des personnes, mais juste des corps ! Vous n'êtes pas juste un corps, vous êtes une personne qui travaille à régler ses difficultés avec son corps. Le pèse-personne, surtout s'il est moderne, s'il est précis à la dizaine de grammes près, s'il parle, s'il indique le pourcentage de masse grasse, s'il mémorise la courbe de poids, est un véritable instrument de torture. Le poids monte et descend en permanence, et c'est normal, physiologique. Il change durant la journée, d'un jour à l'autre, en fonction du type d'aliments consommés, du votre état d'hydratation, de votre niveau de stress, de votre état hormonal, de la température extérieure, de certains médicaments que vous prenez. Les oscillations vont de quelques centaines de grammes à deux ou trois kilos parfois. Lorsque le poids monte, on a tendance à faire une EME et on mange. Lorsque le poids descend, on peut être tenté de fêter ça en mangeant ! Dans tous les cas on mange ! Alors autant vous dire que se peser et indexer son moral sur le poids marqué est un bon moyen de se faire du mal. Mon conseil : - mesurez vos progrès par rapport à votre comportement alimentaire, au respect de vos sensations alimentaires et laissez le poids vivre sa vie ; - pesez-vous une fois par quinzaine, au maximum, afin de vérifier qu'il y a concordance entre votre comportement alimentaire et l'évolution générale de votre poids ; - considérez que la marge d'incertitude de votre poids indiqué par le pèse-corps est de l'ordre de 500 g à 1 kg. Cela signifie que si on passe de 80 kg à 80 kg 500, le poids est stable. Comme avec la méthode LineCoaching, on perd du poids en douceur, cela signifie aussi qu'il faut attendre un mois au moins pour voir se dessiner une tendance.
30/10/2013 (18:50) victory Bonjour, je rencontre beaucoup de difficulté avec la satiété gustative. Grosse mangeuse et gourmande, la modération m'est parfois difficile. En fait, comment ne pas vivre la modération comme une restriction ? Merci pour vos conseils toujours si précieux. Le rassasiement gustatif consiste dans la fin du plaisir gustatif procuré par un aliment riche. Il n'est perceptible que si on mange attentivement, bien entendu. C'est le point d'arrêt normal pour les aliments riches. Quant aux aliments « légers » (fruits et légumes par exemple), on en mange une quantité modeste, fixée par apprentissage : la quantité qui convient habituellement. Est-ce une privation de s'arrêter de manger quand le plaisir se termine? Je ne le pense pas. Peut-être ne mangez-vous pas avec suffisamment d'attention. Lorsque l'on avale rapidement et gloutonnement de grosses bouchées, on a besoin de beaucoup plus d'aliments pour être satisfait. Lorsque l'on déguste attentivement, on constate alors que la saturation gustative vient bien plus vite qu'on ne le pensait. Manger attentivement c'est respecter ses aliments et c'est se respecter soi-même. Tel est le sens que je donne à la modération. Prenez votre temps, Savourez, engrangez tout le plaisir que peut vous donner chaque bouchée, car notre plaisir est limité, non pas par la quantité alimentaire disponible, ou par un quelconque règlement diététique, mais par notre capacité à l'apprécier.
30/10/2013 (18:52) victory Le soir, quand cela est possible je fais dîner mes enfants avant nous. Je me suis rendue compte que leur énergie ( même positive ) est malheureusement pour moi source de stress au cours du repas....je culpabilise de ne pas arriver à le vivre autrement, surtout que le midi j'y arrive ! Je dois être moins fatiguée. Avez- vous des conseils pour réussir à partager le dîner sans ce stress qui m'empêche d'être à l'écoute de mes sensations ? Et deuxième question : je prends une petite collation lors du repas des enfants si j'ai faim pour pouvoir attendre le repas partagé avec mon mari. Est ce une bonne idée puisque j'ai l'impression que je ne réduis pas d'autant les prises alimentaires du repas ? Merci de vos réponses. Lorsque l'on a des enfants en bas âge, ceux-ci ne sont pas toujours capables de se tenir correctement à table et de manger de façon civilisée. Le mieux est effectivement alors de les faire manger avant les adultes. On leur dit alors: tu pourras manger avec les grands lorsque tu te tiendras bien; pour le moment tu es trop petit. N'est-ce pas là un problème d'éducation de toute la famille? Savoir manger dans le calme, savoir faire de ce moment un bon moment pour tout le monde? Savoir aussi ne pas transformer la maîtresse de maison en la servante de tous. N'hésitez pas à demander l'aide de votre conjoint. Le soir, en général, pour beaucoup de monde, une grande quantité de stress s'est accumulée. Avant de passer à table, il est sans doute bon de prendre un moment, de faire une pause contemplative, et de pratiquer par exemple une séance de pleine conscience. C'est ce que nous proposons comme démarche dans l'étape intitulée "fin de journée". En ce qui concerne votre seconde question, la collation comme vous faites en même temps que vos enfants, Elle est parfaitement justifié si vous avez une petite faim. Le problème est plutôt celui du dîner où vos émotions vous entraînent à trop manger. Tout cela montre bien votre problème principal du soir est de parvenir à calmer vos émotions autrement qu'en mangeant excessivement. C'est naturellement là-dessus que je vous engage à travailler.
30/10/2013 (18:53) Maminette il m'est difficile de rester à l'écoute de ma faim quand je suis en vacances, je mange parfois sans éprouver véritablement de faim,et je ne suis plus dans la pleine conscience à ce moment là, c'est une frustation pour moi car je n'arrive pas à tenir mes engagements envers mes "défis" Que se passe-t-il donc lorsque vous êtes en vacances? Pour la plupart des personnes le moment des vacances est un moment où on a le temps des manger, où on mange de bonnes choses, où on moins d'envies de manger émotionnelles, si bien que l'on écoute plus facilement ses sensations alimentaires et que l'on fait moins d'excès. Cela ne semble pas être votre cas. Peut-être les tentations sont-elles augmentées? Peut-être mangez-vous davantage sur un mode convivial? Il y a donc encore du travail sur ce côté là. Le chemin est long et sinueux, c'est vrai, mais l'important est de surmonter les difficultés une par une, de continuer à avancer. Bonne route à vous.
30/10/2013 (19:27) librairie BONSOIR Mr Apfeldorfer COMMENT FAIRE POUR NE PAS SE VEXER EN DIASANT NON A UN ALIMENT A QUELQUN SI ON A PAS FAIM? MERCI DAVANCE DE VOTRE AIDE TRES PRECIEUSE La politesse nécessite que lorsque l'on vous propose un aliment, vous goûtiez ce que l'on vous propose. Mais la quantité consommée ne dépend que de vous. Si vous consommez peu, par exemple juste quelques bouchées, je vous conseille de faire beaucoup de compliments sur la nourriture que l'on vous a offerte.
30/10/2013 (18:55) librairie comment faire pour ne pas etre influencer par les gens qui ont peur de certain aliment dit grosisant est qui e finalment un mensonge? Vous posez un problème bien délicat, librairie. C'est vrai, nous vivons dans un monde envahi par les discours sur l'alimentation, les idées toutes faites. Beaucoup de personnes pensent que certains aliments sont grossissants par nature quelle que soit la quantité consommée. Bien entendu, il n'en est rien: ce qui compte en réalité, c'est la quantité mangée. Je ne vous conseille pas d'entrer dans ce genre de discussion car il est toujours difficile de combattre les idées reçues et les poncifs de l'époque. Mieux vaut laisser dire et suivre son chemin personnel. Croyez ce que vous voulez, vous autres, et moi je m'occupe de mon assiette!
30/10/2013 (18:58) CHOKOCHA Bonjour Dr. Cela m'aidera-t-il de considérer mes " kilos" comme des bagages dont je dois me séparer, comme de vieux objets inutiles ? Lorsque le "démon gourmandise" me fait visualiser un aliment que j'aime et m'incite à en trop manger, l'image de la valise pleine de billets que je peux ouvrir à tout moment, limite ma prise alimentaire. C'est mon image refuge à moi. J'ai toutefois encore du mal à écarter l'obligation des 3 ou 4 repas par jour à heures fixes, sans culpabiliser. Que faire ? Je crois que ce qui est fondamental, c'est de vouloir son propre bien, c'est d'avoir autant que possible un mouvement de gentillesse vis-à-vis de soi-même. A l'inverse, tout acte d'agression vis-à-vis de soi-même, que cela prenne la forme de brimades, de punitions, de privations, ne peuvent conduire qu'à des succès à court terme. Un corps brimé se venge. Les appétits s'exacerbent; les désirs d'aliments s'intensifient. En l'occurrence, être gentil avec soi c'est écouter avec attention ses différentes sensations alimentaires pour pouvoir répondre au mieux aux besoins de son corps; c'est manger pour le plaisir et s'arrêter de manger lorsque le plaisir a été obtenu. Ce n'est sûrement pas de vouloir punir son corps d'avoir trop de kilos. Dans un premier temps manger uniquement lorsque l'on a faim conduit à ne pas respecter dans un certain nombre de cas les horaires habituels. Mais ensuite, nos appétits prévisionnels se remettent en place et nous devenons capables de faire apparaître la fin à l'heure qui vous convient en fonction des horaires sociaux. Ne vous inquiétez pas d'un dérèglement temporaire de vos horaires ou du nombre de repas que vous faites. Tout cela, très probablement, se remettra en place tout seul.
30/10/2013 (18:59) KITINE bonsoir, je ne pourrai peut etre pas etre presente ce soir alors je pose ma question, j ai fait six mois de programme et pas de perte de poids mais je suis tout à fait honnête et la faute n est pas au programme, un debut qui m a permis de m apaiser avec mon obsession du poids et retrouver la paix avec la nourriture, et puis depuis un mois badaboum, je suis revenue a des crises, ne fais plus attention si faim ou pas, c est comme si je devais tiujours revenir a une facon de faire, de vivre qui pourtant ne me convient pas, est ce possible que mon esprit ne veuille pas que voir réponse dans la suite?
30/10/2013 (19:00) KITINE oups je continue. ne veuille pas que je change? je n arrive pas a me positionner professionnellement, je prefere me renfermer et manger plutot que d avancer dans ma vie, comment reprendre le dessus et enfin trouver la paix au quotidien? merci de vos conseils par avance Tout d'abord, Kitine, je vous félicite pour ces progrès que vous avez fait sur votre comportement alimentaire. Vous avez constaté qu'il était possible de faire la paix avec sa nourriture, avec soi-même. C'est là une avancée qui me paraît fondamentale. Puis quelque chose s'est passé et à nouveau, vous vous êtes mise à manger de façon compulsive. Sans doute, des événements se sont-ils produits qui vous ont conduit à des envies de manger émotionnelles. C'est c'est sans doute là-dessus qu'il vous faut travailler désormais. Peut-être un travail avec les outils de la pleine conscience pourrait-il vous aider. Peut-être pourriez-vous repérer les pensées automatiques et autocritiques que vous pouvez avoir et qui vous démoralisent, vous poussent à manger pour éviter les émotions pénibles. Il est important de comprendre que ces pensées automatiques ne sont pas des raisonnements liés à ce qui nous arrive, mais des automatismes qui font surface dans certaines circonstances. Des pensées comme" je suis nul," "Je n'y arriverai jamais", "quelque chose en moi ne veut pas?" sont des pensées que l'on ne peut pas empêcher de venir nous visiter, mais que l'on n'est pas obligé de suivre. Les exercices de pleine conscience nous apprennent à observer et accepter ces pensées, les considérer comme des nuages qui passent lentement dans le ciel de notre esprit sans qu'on y attache d'importance particulière, sans qu'on se laisse absorber par elles. Vous êtes sur la bonne route mais ce chemin n'est pas linéaire. Il comporte souvent des sinuosités qui peuvent ressembler à des régressions mais qui n'en sont pas forcément. Bon courage à vous sur cette route!
30/10/2013 (19:01) cornelia21 Pensez-vous qu'il est réellement possible de mettre un terme définitivement à un surpoids, à de sproblèmes de TCAJe veux dire, "être une personne mince" comme vous l'entendez! Avec tous ces régimes et ces yoyos, je me suis découragée. Oui il est possible de progresser. Oui il est possible d'arriver à son poids d'équilibre et de s'y stabiliser en mangeant ce que l'on aime, à sa faim et pas davantage que sa faim. Oui il est possible de ne plus avoir de compulsion alimentaire, Ou bien de façon exceptionnelle. Mais le chemin parcouru nous marque, nous change. Il s'inscrit dans notre histoire. Nous aurons lutté, ce chemin n'aura pas été simple pour nous, Nous en conserverons une sensibilité particulière vis-à-vis de la nourriture et vis-à-vis de notre relation à notre corps. Mais n'est ce pas ainsi pour tous? Chacun ne doit-il pas affronter ses démons particuliers?
30/10/2013 (19:03) cornelia21 Vous citez, dans votre ouvrage "Maigrir c'est dans la tête", que l'hyperempathie est un défaut commun à des personnes en surpoids ou souffrant de TCA. Je trouve cela très crédible, et cela peut être perçu comme un défaut d'intériorité en psychanalyse. Pensez-vous qu'il est possile d'atténuer ce défaut ? Ce que j'ai nommé hyperempathie dans certains de mes ouvrages, c'est cette tendance à porter son attention sur le monde extérieur et sur les autres, allié à un oubli de soi, de ses pensées, de ses émotions, de son monde intérieur. Je ne le vois pas l'hyperempathie comme un défaut, mais comme une caractéristique psychologique. Cette hyperempathie présente aussi des avantages: les personnes hyperempathiques ont des dons relationnels exacerbés, ils réussissent tout particulièrement dans les métiers de la communication et de l'aide aux autres. Elles sont aussi particulièrement observatrices. Mais malheureusement, cela s'accompagne d'un défaut d'intériorité, ou plutôt d'une intériorité négligée. Bien sûr, ces défauts peuvent se corriger. Une psychothérapie aidera à se recentrer sur soi-même par exemple. Les outils de la pleine conscience aideront à observer ses pensées et ses émotions, et aussi bien sûr à mieux tolérer ses émotions. On trouvera alors la bonne distance vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis des autres. On aura moins besoin de manger pour calmer ses émotions.
30/10/2013 (19:07) cornelia21 Les EME sont souvent la cause d'un surpoids. Voyez-vous, j'ai l'impression d'être victime de mes émotions. Souvent, je me retrouve à ne pas contrôler mes émotions. (hypersensibilité notamment). Je ne sais comment faire pour mieux les maitriser. Avez-vous quelques suggestions ou conseils à donner? Les émotions, cornélia, cela ne se commande pas, cela ne se contrôle pas. Nous ne décidons pas des émotions et des pensées qui viennent nous visiter. Mais avec de l'entraînement, nous pouvons faire un pas en arrière, prendre du recul ne plus considérer que nous faisons corps avec nos émotions et qu'elles sont nous. En somme, nous nous sommes pas nos pensées et nous ne sommes pas nos émotions. Tel est le sens de la formule «je ne suis pas mes émotions ». Qui se conjugue avec le verbe être ou le verbe suivre. Peu à peu, par la pratique de la pleine conscience, nous devenons capables de vivre nos émotions sans devoir nous en protéger par des prises alimentaires compulsives. Que sont des émotions après tout, sinon un ensemble de sensations physiques? Lorsque l'on prend conscience de cela, alors on peut se dire: oui quoi qu'il se passe en moi, je peux le supporter.
30/10/2013 (19:07) cornelia21 Y'a t-il des critères ou des indices qui permettent de savoir que la personne est sur le bon "cheminement" pour perdre ces kilos émotionnels? Quand sommes-nous dans la "mauvaise voie"? J'aurais tendance à dire, cornelia, qu'on est sur le bon chemin lorsque l'on fait preuve de patience et gentillesse envers soi-même. Et que l'on est sur le mauvais chemin lorsque l'on considère que tout cela est un combat. Un combat que l'on mène contre soi-même ne peut pas être gagné.
30/10/2013 (19:11) violinette Bonjour, j'ai commencé le programme il y a 20 jours. Je fais les exercices mais je sens que c'est difficile de regarder mes émotions en profondeur. Je suis le programme et en même temps c'est comme si je restais à la surface. Je n'ai pas commencé mon programme forme pour la même raison. Je crois que j'ai peur de me voir telle que je suis ??? C'est vrai, violinette, qu'une bonne partie de notre programme consiste à ouvrir les yeux, ne plus éviter et fuir. On ouvre les yeux sur ses sensations alimentaires, on se met à leur écoute; on ouvre les yeux sur les pensées qui nous traversent, sur les émotions qu'elles allument. Et on constate le plus souvent qu'on est plus fort qu'on ne le pensait, que quoi qu'il se passe en soi, on peut le supporter. Alors je vous dirai : n'ayez pas peur!
30/10/2013 (19:17) Camill280395 Bonsoir Docteur; je voulais avoir votre avis et votre aide. J'ai peur de reprendre si je perds, peur de ne plus avoir de volonté. Votre programme me suffira-t-il vraiment ? Je combat mes EME surtout par la volonté et la motivation que j'avais perdu à un moment car elles s'usent à chaque envie que j'ai "envie d'assouvir" si je peux dire ça comme ça (j'espère que vous me comprendrez ça je ne suis pas très claire). J'utilise assez peu la respiration pleine conscience car ce n'est pas elle qui me permet de passer "outre" l'eme mais la volonté de me dire "attend au moins d'avoir faim!". La pleine consciente aide à se "recentrer", à méditer et à combattre l'eme oui, mais dans mon cas en tout cas elle ne m'aide pas spécialement à la vaincre. Je peux aussi bien ne pas faire la respiration et avoir assez de volonté pour dire "non" à mon eme. En général, lorsque je fais la respiration pleine conscience cela me détend et je pense davantage à l'eme car la pleine conscience n'a pas suffit. Je suppose que vous allez me dire d'allonger mon temps de RPC?Pour être franche j'ai peur que ça n'agisse pas vraiment. Merci de votre aide, respectueusement, Camille. Vous avez ,camill, un discours bien guerrier: il s'agit de combattre, de lutter, de vaincre. Mais de vaincre quoi ou qui? Comme vous avez pu voir à partir de mes réponses précédentes, il s'agit de devenir capable d'écouter ce qui est en soi, d'écouter son corps, Et non pas de batailler avec lui. Pour bien avancer c'est toute la philosophie qui sous-tend votre action que vous allez devoir modifier. Prenez le temps d'entrer en écoute avec ce qui se trouve en vous, vos pensées, vos émotions. Plus vous bataillerez contre elles et plus vous les renforcerez. A l'inverse, plus vous les accepterez et moins elles vous causeront de problèmes.
30/10/2013 (18:32) Sosoto Bonjour; Pour cette 1ère semaine, ce fût une révolution . Je n'ai rien pesé, je n'ai fait qu'écouter ma faim. Mais alors, je me suis aperçue que je mangeais très peu ou plutôt qu'il m'en fallait très peu pour être rassasiée. Oh la la. Quel changement, et j'avoue que j'ai même eu de la peur. La peur que je tombe dans le tout ou rien des régimes que je fais depuis 25 ans. J'ai mangé ce que j'avais envie. Je voulais savoir si finalement c'était possible d'être une "petite mangeuse" alors qu'en période de ww, je mangeais toujours + que les "doses" prescrites? Oui bien sûr, il est tout à fait possible d'être une petite mangeuse. Lorsque c'est le cas il faut devenir capable d'abandonner une bonne partie des aliments proposés qui sont en trop pour nous. C'est ce que vous êtes en train de découvrir! Bravo!
30/10/2013 (19:19) Tio Polo Vieille habitude bien ancrée: je suis gourmand lorsqu'il y a une festivité ou un open buffet, que cela soit au niveau des aliments ou de la boisson alcolisée. Avez-vous une astuce à me proposer? Rien sur une table de buffet, n'est exceptionnel. Ni les amuse-gueule, ni les canapés, ni les charcuteries, ni le saumon fumé, ni les viandes ou les poissons. Le chariot des desserts ne propose en définitive que des aliments qu'on pourra retrouver ailleurs, chaque fois qu'on le voudra. Le mieux est donc de se servir en fonction de son appétit. Limitez le nombre de plats et de produits dont vous vous servez. Certes, vous n'aurez pas goûté à tout. Sans doute serez-vous passé à côté d'aliments délicieux sans même le savoir. En contrepartie, vous vous serez comporté en personne civilisée, qui respecte son appétit et qui se respecte. Vous vous serez contenté de ce que vous aurez pris et vous serez content(e) de vous. Cependant, même en agissant ainsi, il est probable que vous mangiez trop. C'est en fait le lendemain que vous régulerez, en écoutant votre appétit, qui sera sûrement aux abonnés absents. Le lendemain, attendez que la faim réapparaisse pour remanger. Ces excès sera lissé sur quelques jours.
30/10/2013 (19:23) calimero Bonsoir Docteur, j'ai beaucoup de mal à gérer mes EME... auriez vous un conseil s'il vous plait ? MERCI Une envie de manger émotionnelle consiste en un puissant désir de manger, afin d'éviter que des pensées et des émotions pénibles ne deviennent conscientes, ou pour tenter de se réconforter. On mange alors sur un mode impulsif, c'est-à-dire non réfléchi, automatique. On parle de « compulsion alimentaire », ou de « boulimie ». On mange sans avoir faim, ou alors que la faim a disparu, on n'a pas la possibilité de manger en dégustant. On sélectionne des aliments qui procurent des sensations intenses et qui atténuent les émotions : ce sont en règle générale des aliments sucrés et gras, à forte densité énergétique. On mange vite et beaucoup, sans possibilité de s'arrêter avant d'avoir l'estomac (trop) plein. On se sent ensuite souvent coupable, ce qui conduit à poursuivre les excès. Devenir capable de tolérer ses émotions et ses pensées pénibles, de telle sorte que l'on éprouve plus la nécessité absolue de manger à ce moment-là est un véritable travail. La première étape nécessaire que nous vous proposons est la pratique de la pleine conscience. Je vous conseille de pratiquer assidûment, pour forger les outils qui vont vous permettre d'augmenter votre tolérance émotionnelle.
30/10/2013 (18:31) G. Apfeldorfer Bonsoir à toutes et à tous. Nous voilà partis pour une heure de questions, et peut-être aussi de réponses!
30/10/2013 (18:39) GABRIELLE.A Juste un petit mot :quel bonheur de voir que l'on est pas seul avec nos problèmes, quand on lit les tchats passés MERCI à tous ( je commence le programme ! et c'est pas simple) Merci Gabrielle pour ce mot.
30/10/2013 (19:19) Tio Polo Quelles sont les règles d'associations/dissociations principales face à un buffet campagnard? Mais de quoi donc parlez-vous ? On mange ce qui nous fait plaisir et envie, on s'arrête lorsque le rassasiement nous signale que le plaisir à manger et terminé.
30/10/2013 (19:24) marief17 Bonjour je viens juste de m'inscrire aujourd'hui, je fais habituellement les ww mais je sature de toujours peser et compter, je maigris mais dès que je me relâche, je reprends immediatement, d'autre part j'ai eu un cancer du sein en 2008, je suis sous femara encore jusqu'en 2016 et effet secondaire cela peut il entraver votre méthode merci d'avance Bienvenue parmi nous! La philosophie de notre programme est très différente, comme vous avez pu le constater. Il s'agit de faire la paix avec la nourriture et avec soi-même. Il s'agit d'écouter ses sensations alimentaires, Et aussi de savoir ce distancier de ses émotions et de ses pensées pénibles. Rien de tout cela n'est facile mais c'est en même temps exaltant! En ce qui concerne votre traitement anticancéreux, à ma connaissance, il ne devrait pas avoir d'effet dans un sens ou dans l'autre.
30/10/2013 (19:24) Sosoto merci pour votre réponse. Après 25 ans de régime qui m'ont soi disant à me nourrir, je me rends compte que je ne faisais qu'appliquer ce qu'on me disait sans m'écouter et sans ressentir. Pour le goûter, je me suis offert un maxi cookie, j'ai attendu ma faim. La 1ère bouchée huuum un délice , la 2ème bonne mais déjà un peu moins, et la 3ème très grasse. De ce maxi cookie, bah, il en reste un max ! ce serait ça finalement la solution... Bon, ne crions pas trop tôt victoire! Vous allez sûrement rencontrer encore bien des difficultés et il y aura de nombreuses péripéties. Mais tout cela est un excellent départ.
30/10/2013 (19:26) Tio Polo Avec son humour légendaire, Jean Yanne disait haïr son collègue Sim, car lorsqu'il mangeait un boeuf, il ne prenait pas un kg. Et quand Jean mangeait un petit pois, il en prenait 10. Je pense que c'est un peu caricatural, mais je me sens "Jean Yanne" au milieu de mes amis festifs... Que pensez-vous de cette (mon) histoire? Peut-être êtes-vous un petit mangeur, avec de petits besoins, comme Jean Yanne. Pourquoi manger un boeuf si on a juste faim pour quelques bouchées? La vie est-elle un concours de celui qui mangera le plus? En fait, le plaisir alimentaire ne dépend pas de la quantité ingérée, mais de l'attention que l'on porte aux bouchées. Ce ne sont pas ceux qui engouffrent le plus qui en retirent le plus de plaisir!
30/10/2013 (19:29) G. Apfeldorfer Eh bien nous voila au bout de ce tchat! Bon appétit à vous! Et à bientôt.
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