Chat du 5 août 2019 avec Gérard Apfeldorfer

05/08/2019 (18:38) axelle07230 Bonjour, j'aimerai savoir pourquoi le bol alimentaire se réduit, quand je mange en conscience. Cela parait dingue mais je suis rassasiée avec beaucoup moins de nourriture que par le passé. L'attention peut elle avoir une influence aussi importante? Merci de me donner votre point de vu Oui Axelle, l'attention portée à l'acte alimentaire permet d'augmenter la satisfaction qu'apporte la nourriture (quand c'est bon et que l'on a suffisamment faim) et permet d'obtenir un réconfort plus important. Aussi on constante qu'on a besoin de moins de nourriture. En fait, les choses se passent plutôt dans le sens inverse. Lorsqu'on mange attentivement, on consomme les quantités dont notre corps (ou bien notre mental, si on mange surtout pour calmer des émotions) a besoin. Tandis que lorsqu'on mange de façon distraite, on a besoin de manger de plus grosses quantités pour obtenir le rassasiement gustatif ou bien le réconfort. La conclusion: manger attentivement, en prenant le temps nécessaire pour que ce soit plaisant, est la façon normale, physiologique de manger. Manger distraitement ou engouffrer à toute vitesse sont des façons anormales de manger, qui conduisent à trop manger.
05/08/2019 (18:47) Nathalie_T Bonjour, je fais le programme depuis quelques mois, et je n'ai pas vraiment perdu de poids, j'en ai plutôt pris, mais je commence à comprendre mieux le fonctionnement. Je trouve le programme très intéressant. J'apprécie l'idée de faire attention au moment où l'on n'a plus envie d'un aliment et où l'on s'arrête d'en manger. L'une de mes principales difficultés provient du fait que je suis angoissée la journée car j'ai perdu confiance en ma capacité à mener mon projet professionnel à bien. Alors j'ai très souvent des envies de manger émotionnelles. Je suis aussi triste de voir combien j'ai grossi, et tout cela me décourage, et renforce cette mauvaise image de moi qui m'angoisse. Mon problème est de ne pas avoir trouvé comment concrètement corriger mes erreurs dans mon projet professionnel (je fais une thèse depuis 10 ans) et de n'être pas sûre d'arriver à les corriger. Auriez-vous des conseils? Merci! Bonsoir Nathalie, Vous êtes donc une mangeuse émotionnelle. Vos excès d'aliments sont dus à cette anxiété qu'il vous faut calmer, ces ruminations mentales autour de votre thèse, ce mécontentement de vous-même, ce doute sur vos capacités, et cerise sur le gâteau, si j'ose dire, cette tristesse de voir que votre poids n'avance pas dans le sens désiré. Dans le programme Linecoaching, nous conseillons 2 choses, dans ce genre de circonstance: 1) Ne pas entrer en lutte avec soi-même en s'interdisant de se réconforter avec de bonnes nourritures bien riches et bien calmantes. Ce genre d'interdit finit le plus souvent en compulsions incontrôlables! C'est ce que nous avons appelé l'EME-zen: lorsqu'on ressent le besoin de se réconforter avec de la nourriture, on le fait! On mange attentivement, en dégustant, bien entendu sans culpabilité, ce dont on a le plus envie, jusqu'à ce qu'on se sente mieux. Puis on attend que la faim revienne pour manger à nouveau. 2) Cette première stratégie ne marche que si le besoin de réconfort n'est pas permanent. En fait, bien souvent, il est aussi nécessaire d'entreprendre un travail directement sur ses émotions et ses discours intérieurs problématiques. La pratique de la pleine conscience permet d'envisager ses émotions sur un mode différent: on ne cherche pas à supprimer la tristesse, l'anxiété, les pensées plus ou moins tordues qui vont avec, on travaille à les accueillir, à en devenir en quelque sorte le spectateur, à les laisser nous traverser sans tenter de les modifier. La fin de la lutte contre ses émotions et ses pensées pénibles permet à celles-ci de s'écouler et l'humeur finit par se rétablir naturellement. Un travail sur les pensées automatiques, ces pensées qui conduisent à l'inhibition de l'action, qui découragent, qui nous dévalorisent à nos propres yeux, est aussi proposé sur le site, et cela aussi est bien utile. Je suis sûr, par exemple, que vous devez avoir différentes pensées automatiques qui se mettent en travers de votre chemin lorsque vous cherchez à faire avancer votre travail de thèse, des pensées comme: je n'y arriverai jamais, je ne sais pas faire, je suis nulle, je ne mérite pas de réussir, ou je ne sais quoi encore. Je pense que vous êtes courageuse (vous n'avez pas abandonné le programme), que vous tenez le bon bout (vous cherchez à comprendre). Accrochez-vous et remontez vos manches!
05/08/2019 (18:31) G. Apfeldorfer Bonsoir les courageux. Que voulez-vous savoir? Demandez et vous aurez une réponse. Fera-t-elle votre bonheur? ça, je ne sais pas. Ce sera à vous de me le dire. Allez, c'est parti pour 1 heure.
05/08/2019 (18:49) MarieDomi Bonjour, je suis Marie. question basique je sais mais concrètement je ne parviens pas à faire la différence entre satiété et rassasiement. Comment faire ? Le rassasiement, qu'est-ce que c'est? On doit distinguer ce que nous avons nommé le rassasiement gustatif (nom scientifique: rassasiement sensoriel spécifique) et le rassasiement global. Le rassasiement gustatif consiste en une diminution ou une annulation du plaisir gustatif à manger un aliment particulier. On mange du chocolat, puis on s'en lasse, et si on persiste à continuer à en manger, on est écoeuré. On s'arrête donc, mais comme on peut avoir encore faim, on passe à un autre aliment. c'est ce que nous faisons au cours d'un repas. Le rassasiement global est une sensation globale du corps qui nous informe qu'on a assez mangé et qu'on va pouvoir aller jusqu'à l'heure du prochain repas sans souci. Mais ce rassasiement là est de nature apprise (en terme scientifiques on parle de conditionnement) et dépend de nos habitudes alimentaires (horaires et du nombre de prises alimentaires quotidiennes). Quelqu'un qui n'a pas d'horaires déterminés, ni d'habitudes alimentaires stables ne peut pas identifier le rassasiement global, mais ressent très bien le rassasiement gustatif. C'est d'ailleurs pourquoi nous insistons sur celui-ci, surtout en début de programme. La satiété est l'état dans lequel on est après le rassasiement global: on n'a plus faim, on n'est plus intéressé par la nourriture (sauf si on est un mangeur émotionnel). Ceci répond-il à votre question?
05/08/2019 (18:53) A039.jozinasjo Bonjour, je viens de rater votre chat précédent, je m'étais trompée d'heure... Ma question : je suis en train de réduire les portions ou les quantités, et en sortant de table, je n'ai pas l'impression d'être rassasiée. Je n'avais pas d'émotions particulières, mais le fait de ne pas avoir assez mangé, me met de mauvaise humeur. Ensuite je prends une collation là où je n'en prends pas d'habitude, ou beaucoup plus tôt, mais la mauvaise humeur a du mal à partir. Que faire ? Peut-être effectivement, en réduisant la taille des portions, ceci vous conduit-il à rester sur votre faim. C'est justement cela que l'exercice vous permet de toucher du doigt: quelle est la bonne quantité de nourriture qui vous permet de vous sentir juste bien, pour aller jusqu'au repas suivant. Si alors que vous avez faim, vous faites une collation, c'est très bien. Où est le problème? Ah, je précise aussi que être rassasié, juste assez, n'est pas une question de volume d'aliments. La sensation de ventre plein est à différencier de la sensation de rassasiement. On peut se sentir rassasié avec un faible volume d'aliments si ceux-ci sont très nourrissants et inversement, ressentir la faim assez vite après un repas volumineux d'aliments peu énergétiques (genre fromage blanc à 0%).
05/08/2019 (18:56) Lilique Bonsoir j'ai raté le tchat d'avant mais je viens de le lire et donc quand on est invité et qu'on se force à manger un morceau de gâteau alors qu'on a pas faim , comme ça m'est arrivé hier, mais que je l'ai mangé pour éviter les commentaires . Est-ce que dans ce cas c'est mauvais pour notre apprentissage ? Non, ce n'est pas mauvais. Il n'y a pas de raison de se fâcher avec son hôte. Simplement, je lendemain, on aura un peu moins faim, ou bien pas faim du tout, et on adaptera sa consommation à sa faim du moment. c'est cela, la régulation, et non pas de manger tous les jours pareil, ou bien de faire un obsession du respect de ses sensations alimentaires. Il faut être souple!
05/08/2019 (19:02) Lilique J'ai une autre question, ça fait à peine 2 semaines que j'ai commencé, il faut manger quand on faim, mais pour le petit déjeuner en général j'ai faim mais pas toujours. Et au boulot je n'ai pas l'occasion de manger avant de rentrer à midi donc du coup je déjeune un peu est ce bien ? Lilique, c'est à vous de voir. Bien des gens qui se lèvent à la dernière minute n'ont pas faim pour le petit déjeuner. Le mieux est de se préparer un petit encas qu'on mangera au bureau, en faisant une pause pour cela. Ou bien, on peut se forcer à prendre malgré tout un petit déjeuner sans faim, mais ce n'est pas très agréable. Manger quand la faim est là est plaisant (si on mange ce qu'on désire), mais manger sans faim n'est pas plaisant (sauf si on mange pour des raisons émotionnelles).
05/08/2019 (19:07) Baptiste Bonjour Docteur, Tout d'abord Merci ! le programme c'est une vrai pépite et surtout un vrai chemin sur la connaissance de soi :) J'ai particulièrement bien apprécier le travail sur l'image refuge. Comment je peux améliorer cette pratique ? et autre question cela concerne les pensé auto comment faire pour qu'ils ont encore un "d'impact" moindre sur mon quotidien ? merci Merci Baptiste pour vos compliments. L'image refuge: vous pouvez améliorer cette pratique en ajoutant différents détails à l'image que vous avez choisie, pour la rendre plus forte, plus mobilisatrice de l'attention. Et il est bien, aussi, de changer d'image, d'en avoir plusieurs à sa disposition, qu'on utilisera selon son humeur du moment. Les pensées automatiques: j'en ai parlé dans des réponses précédentes. Cela fait partie du programme. Vous allez donc avoir des exercices là dessus. Tout vient à point à qui sait attendre.
05/08/2019 (19:12) bea51 bonsoir, je débute le programme et j'expérimente les sensations de faim et j'avoue que c'est assez compliqué. Je n'identifie pas les différentes faims et parfois j'ai l'impression que mon estomac réclame toujours a manger !!!! Ce n'est pas grave de ne pas, au début, savoir si la faim est petite ou grande. Du moment qu'on sait qu'on a faim. Et il y a des exercices où on vous demande d'attendre plus ou moins longtemps pour laisser la faim grandir, et donc, là vous devriez parvenir à voir ce que c'est que d'avoir une grande faim. Si votre estomac réclame en permanence, même après que vous ayez confortablement mangé, alors il est probable que ce n'est pas de la faim. Allez voir du côté des envies de manger émotionnelles.
05/08/2019 (19:17) MarieDomi De quelle façon le cerveau influe t il pour que le comportement vis à vis de alimentation arrive à de modifier ? J'avoue que je ne sais pas trop par quel bout prendre la question. Disons que les exercices du programme vous conduisent à expérimenter de nouveaux comportements (alimentaires, en l'occurence). Ces nouveaux comportements vous conduisent à penser de manière différente, ressentir (par exemple vos sensations alimentaires) de manière différente. Peu à peu, vous installez de nouvelles habitudes.
05/08/2019 (19:21) Mili74 Bonsoir, j?ai eu besoin ces derniers temps d?engloutir de grande quantités (légumes essentiellement) pour me sentir « solide ». Je m?aperçois qu?en essayant de manger de façon apaisée je n?ai qu?un très petit appétit tellement petit que j?ai peur d?osciller entre boulimie et anorexie Se remplir de légumes (à l'eau) ne nourrit pas, mais remplit le ventre. On se sent un peu mieux mais ça ne dure pas. Ce genre de conduite conduit à la boulimie, où on continue à manger de gros volumes, mais de nourritures nourrissantes. Si vous mangez des aliments plus riches, vous constatez que le volume nécessaire diminue, parfois très fortement. C'est normal. L'anorexie: on peut considérer que ça commence lorsqu'on se refuse à manger (des choses nourrissantes) alors que la faim est là. Le programme devrait vous apprendre à mieux reconnaître vos sensations alimentaires et mieux les respecter. Cela devrait vous permettre de sortir de la boulimie, et de ne pas passer à l'anorexie.
05/08/2019 (19:22) MarieDomi Oui merci c'est très clair. De rien.
05/08/2019 (19:23) A039.jozinasjo Merci ! Le problème est peut-être que je n'aime pas être de mauvaise humeur, et que je fais très attention de ne pas trop manger lors de la collation, et puis je ne sais pas si j'ai assez mangé ou pas, tandis que j'avais l'impression, avait cette étape, de mieux sentir le rassasiement Qui aime être de mauvaise humeur? Mais quand la mauvaise humeur est là, alors le mieux est de se recentrer sur sa respiration, et d'attendre que cette mauvaise humeur se dissipe d'elle-même. C'est cela, la technique de la pleine conscience. Pour le reste, ne soyez pas si timoré. Vous avez le droit de ne pas manger assez et de rattraper cela grâce à une collation entre deux repas. Vous avez le droit de manger trop et de reculer l'heure du repas si la faim n'est pas là, ou même de supprimer ce repas devenu inutile si la faim n'arrive pas du tout. Ou encore de prendre un repas tout petit. La régulation des apports doit se faire dans la souplesse, l'adaptation aux événements, et à son humeur. Soyez cool. On se trompe, et ça se rectifie tout seul par la suite.
05/08/2019 (19:26) MarieDomi Bonsoir, on a tous bien sûr des contraintes sociales dans notre vie professionnelle ainsi qu'à la maison. Comment gérer quand manger est devenu cette part de convivialité incontournable ? Comme je le disais, on peut s'adapter à des repas un peu trop copieux en minorant ensuite d'autres repas, si l'appétit n'est pas là. Mais si tous les repas sont copieux, alors on ne s'en sort pas. Dans ce cas, il faut pouvoir refuser certains plats trop abondants, ou ne pas finir ses assiettes, ce que nous encourageons fortement dans ces circonstances. Si on vous fait des remarques sur le fait que vous ne mangez pas tout ce qui est proposé, le mieux est de complimenter sur la qualité des mets, sans rien dire des quantités mangées. Vous avez apprécié, vous avez remarqué tel goût, tel ingrédient. Cela calme généralement votre hôte, parce que tout ce qui lui importe, normalement, est que vous soyez satisfait. La convivialité est une chose merveilleuse. Elle fait partie intégrante du plaisir alimentaire. Il est donc fondamental de savoir avoir à la fois le plaisir gustatif, et le plaisir de la convivialité.
05/08/2019 (19:27) Tiboulon Bonjour. Je viens tout juste de démarrer. Tout se passe bien pour l'instant, mais j'apprehende beaucoup mon retour au travail dans 15 jours car je serai obligée de manger au restaurant tous les jours, avec les clients et que je ne maîtrise pas le type de restaurant ni les menus... Des conseils? Oui, ce sera sans doute plus compliqué. Mais lorsque, grâce aux exercices du programme faits chez vous ou dans un environnement tolérant, vous saurez manger sur un mode attentif, en dégustant, reconnaître vos sensations alimentaires, reconnaître les émotions et pensées qui vosu font manger, alors vous pourrez l'appliquer à ces prises alimentaires en société. Il vous faudra pour ça parvenir à manger en attention partagée, c'est-à-dire en suivant les conversations et en même temps en observant vos sensations alimentaires. En fait, ce n'est pas vraiment en même temps: on se focalise sur les sensations, puis sur la conversation à tour de rôle.
05/08/2019 (19:28) A039.jozinasjo Merci, c'est plus clair maintenant, je crois, et c'est rassurant aussi. Je crois que j'ai encore du mal à intégrer le fait que j'ai le droit de manger... ç Eh oui! Vous avez le droit de manger! Ou du moins, vous avez le droit d'obéir aux messages de votre corps. En souplesse.
05/08/2019 (19:28) G. Apfeldorfer Eh bien, il y en avait, des questions! J'espère que mes réponses auront éclairci les choses. A bientôt et bonne soirée à tous!
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